Comment j’ai bien eu les boules (George Clooney is inside)

L’autre soir, après une journée éreintante (j’avais regardé Koh Lanta), j’ai reçu un mail dont le titre ne laissait que peu de doutes. Après Kristine, après Marie Brigitte, après Estelle, après Nicôlle, voilà que Jean Maurice déboulait dans ma vie pour me proposer de la changer.

 

Spam

Bonsoir très cher (e)
 
Excusez-moi de ce que ce mail vous a causé, cela fait une semaine que J’ai envoyé ce mail à des associations qui s’occupent d’enfants démunis et pas de réponses , raison pour laquelle j’ai décider de vous joindre un message électronique à l’aide du logiciel contact Express v2014,le moteur de recherche des adresses mail et je suis tombé sur votre adresse électronique.
 
Je me nomme Jean Maurice NIORT, il y a quelques années que j’ai été atteint d’un cancer de George selon les dits de mon docteur, une boule était installée dans ma vessie. Par négligence de cette maladie, je viens d’apprendre que mon état s’est aggravé et même devenu incurable, j’ai fait recours à des spécialistes de cette maladie mais malheureusement je n’ai pu obtenir que des soins pour le ralentissement de l’avancée de ma maladie et non un traitement complet pour mon rétablissement. En ce moment je me trouve à la clinique Toute autres – Groupe Kapa Santé, en France .
Avant tout propos veuillez accepter tous mes sincères remerciements relativement à l’attention et l’intérêt porté pour moi . Ceci dit, ma quête présente à l’aube d’un dernier piédestal s’inscrit dans un unique but c’est-à-dire celui de pouvoir faire un « DON»  de mes fonds (350.000 euros)  à une personne physique anonyme, engagée, éprise d’une cause noble et louable,le tout animé d’un humanisme de sorte à participer au-delà de ma trêve à une contribution pendant quelques secondes ou minutes pour un minimum d’espoir  à travers une activité des plus sociales, et biens d’autres.  
C’est avec beaucoup d’hésitation que je vous faire savoir la disponibilité de mes 350.000 euros au sain ma banque la CCP (BANQUE POSTALE) . Je souhaiterais faire don de la somme à une personne de confiance et honnête qui pourra en faire bon usage vu que mes jours sont désormais comptés. Je vous ai contacté d’urgence car ce matin j’ai reçu un message de ma banque me disant que l’État Français récupérera ces fonds après ma mort vu que je n’ai pas d’héritier(e).  Mon plus grand vœux  serait de voir mon dernier souhait être réalisé en quelques sorte trouver un donataire honnête qui fera bon usage de mes biens.
 
Recevez mes sincères salutations
Monsieur Jean Maurice NIORT.

Ohlala les copains, mes intestins n’ont fait qu’un tour sur eux-même. Vous me connaissez, j’ai foi en la nature humaine, surtout quand elle a un prénom composé. Jean Maurice me proposait 350 000 euros, je ne pouvais pas passer à côté. Ca représente 102 542 pots de Nutella (je vous fais grâce des virgules).
Alors j’ai pris mon plus beau clavier et j’ai répondu à mon bienfaiteur.
Cher Jean Maurice,
 
Tout d’abord, laissez-moi vous faire part de mon profond chagrin face à votre maladie incurable. Je sais ce que c’est, mon poisson rouge a eu aussi une maladie incurable, il a beaucoup souffert, un matin on l’a retrouvé flottant, son repas de la veille le suivant de près. On l’a fait incinérer avec du jaune d’œuf et de la chapelure, j’espère que vous n’aurez pas le même destin…

Si je suis indiscrète, vous m’arrêtez, mais quand vous parlez de cancer de George, vous voulez dire Clooney ou Moustaki ? Non parce que c’est pas la même chose, il y en a un plus grave que l’autre.

 
Je suis tout à fait disposée à accueillir votre don de 350 000 euros, vous êtes tombé au bon endroit, je suis bien une personne physique anonyme, engagée et éprise d’une cause louable : je suis membre du groupe Facebook « Pour que Olivier de Carglass se tape Cerise de Groupama ».
Dites-moi comment faire, je suis votre homme.
 
Ginie

J’ai cliqué sur « envoyer ». Dès lors, je n’ai plus vécu qu’en attendant la réponse.
Heureusement, elle est vite arrivée.

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Happy B-Day to YOU (sponso)

CRF_cartman

Salut, c’est moi (Ginie).

Pour mon anniversaire, on ne va pas se mentir, j’aime recevoir des cadeaux. Je pense que cette histoire de cadeaux a été inventée pour faire passer la pilule, parce qu’en vrai, les anniversaires sont une grosse arnaque. « Hey, bravo, tu viens de prendre un an de plus, youhou ! ».
Il fallait bien compenser par un truc positif, et ce truc-là, c’est la fête, les messages des gens et les cadeaux.
Eh bien figurez-vous que chez Carrefour, ils aiment tellement fêter leur anniversaire qu’en plus, ils nous gâtent.

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Le ventre vide

Arc en ciel

Il fait la fête tous les soirs. Ca commence à la même heure, aux alentours de neuf heures. Elle le sait, alors elle se prépare. C’est leur moment, leur rituel.  Ils apprennent à se connaître avant de se rencontrer vraiment.

Elle s’allonge sur le canapé avec mille précautions. Ses abdominaux l’ont lâchée, ses jambes ont gonflé, une sciatique s’est installée, son périnée est porté disparu, à croire que la grossesse est un avant-goût de la vieillesse.
Son mari modèle le coussin d’allaitement pendant qu’elle enfonce son dos dans les billes de polystyrène.
Elle relève le t-shirt sur sa poitrine et fait rouler l’élastique de son jean sur son ventre rond.
Le ballet peut commencer.

Ils n’attendent pas longtemps. A croire qu’il attendait son public.
Le ventre danse, la peau ondule, se soulève, une bosse apparaît, roule, s’immobilise au son d’une voix, se blottit dans la main, glisse, tape, secoue.
Comme à chaque fois, ils sont émerveillés. Il y a une vie là-dedans.

Il sera bientôt là, ils sont prêts.
Depuis ce jour où deux barres roses les ont fait danser de joie, ils attendent de l’accueillir.
Les trois premiers mois, ils sont restés prudents. Les chiffres le disent : la joie peut rapidement se transformer en vide, à cette période.
A trois mois et un jour, ils sont allés dîner au restaurant pour fêter leur nouvelle famille. Elle a eu envie du tiramisu, elle a pris une salade de fruits. Ils sont repartis le ventre plein et le cœur encore plus.

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A la capitale

Je n’y étais allée qu’une fois, avec le collège, aux alentours de mes treize ans. Il y a cinq ans, donc.
Je n’en gardais pas un souvenir ému, la bouche de Jérôme m’ayant paru bien plus attrayante que la Tour Eiffel. Je pense d’ailleurs qu’elle a vu passer plus de visiteurs.

Depuis, j’ai eu plusieurs fois l’occasion de revoir Paris. A chaque fois, j’ai trouvé des prétextes valables, tant pour les gens que pour ma conscience : ça ne me dit rien, y a trop de monde, c’est moche, les parisiens sont cons, il fait pas beau, les cafés coûtent un bras, les chiens sèment leurs bouses sur les trottoirs, ça pue, j’ai vu un reportage sur Paris, ça suffit amplement, etc, etc… Ma conscience est compréhensive.

En vérité, j’ai été fournie avec le combo agoraphobie/claustrophobie. C’est-à-dire que je me sens très légèrement mourante angoissée dans tous les lieux dans lesquels je me sens enfermée (ascenseur, bouchons, Mc Drive) ET dans les lieux où je n’ai pas mes repères. Donc loin de chez moi.
Tu la sens, là, ma joie ?

Pour être tout à fait exacte, je gère plutôt très bien mes angoisses. Il y a une dizaine d’années, ça m’a valu quelques soirées ratées et des annulations de vacances, mais après une thérapie comportementale et cognitive, il ne subsiste que quelques appréhensions d’anticipation et quelques bouffées de chaleur quand je suis dans une de ces situations, mais je ne me prive plus de rien. A part de prendre l’avion, faut quand même pas déconner.

Je m’y suis prise au dernier moment pour tout organiser, savait-on jamais, si l’éditeur annulait, ou si Paris disparaissait, ou si le bébé-presque-tout-neuf chopait la varicelle (frotte-toi aux enfants pleins de boutons mon amour).
Paris étant toujours sur la carte quelques jours avant le D Day, on s’est mis à discuter de comment on aller y aller, dans la ville qui pue. Enfin j’ai discuté toute seule, l’avion n’étant pas une option, le train pas tellement non plus, la trotinette mettant trop de temps selon Mappy. La voiture a donc été élue à l’unanimité personnelle, ça tombait bien, je n’étais pas certaine que nos 28 valises rentrent dans le train. Et puis ce serait pratique pour bouger dans Paris, étant donné que le métro ne fait pas partie de mon vocabulaire.

Sans déconner, le mec qui a inventé le métro devait se laver les dents avec de la drogue dure. « Putain les gars, elle est bonne celle-là, je me sens bien, je suis un ver de terre, je rampe dans des souterrains et y a des gens qui me montent dessus, ça sent un peu le fennec mais c’est marrant, surtout quand je tombe en panne entre deux stations, il fait tout noir, il fait 60 degrés, c’est trop fun, viens, on va proposer ça à la mairie de Paris, ça va leur plaire ».
A Bordeaux, on ne prend pas de drogue, on prend le tramway.

Après des heures de route, on est arrivés à la capitale. Et là, je ne sais par quel tour de magie, je me suis transformée en touriste complètement hystérique.

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii les bouchons !

Bouchons Paris

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii la Tour Eiffel !

Tour Eiffel

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A poils

Kate moss Moustache

Il fallait que ce soit nickel. Habituellement, je m’en occupe toute seule. J’ai l’habitude, depuis le temps. Quelques coups agiles de pince à épiler pour élaguer l’arcade sourcilière,  une bande de cire posée au-dessus de la lèvre,  une grande inspiration,  puis une deuxième,  puis une dixième, un ou deux mots n’appartenant pas au vocabulaire de Nadine de Rotschild,  un évanouissement et le tour est joué.
Mais là,  il fallait que ce soit parfait. Alors je me suis dit qu’une professionnelle serait la plus indiquée pour s’occuper de mes poils visagaux.

C’était un institut sans rendez-vous, ça tombait bien, je n’en avais pas. Je n’étais pas la seule visiblement, puisque trois autres velues attendaient leur tour en essayant de tromper leur angoisse du bulbe douloureux dans les histoires de George Clooney et autres stars internationales (Afida Turner).

Cindy m’a accueillie avec le sourire. Je ne sais pas si elle s’appelle Cindy, mais si ce n’est pas le cas ses parents se sont trompés de prénom.
Elle m’a demandé pourquoi je venais. Je lui ai répondu pour une épilation. Elle m’a demandé de quoi. J’ai répondu des poils. Elle m’a demandé d’où. J’ai répondu bof, ils sont plutôt drus. La peur est passée dans ses yeux, puis elle les a plongés dans les fiches posées devant elle, avant de compter sur ses doigts pendant une longue minute.
« Il y a plus d’une heure d’attente », elle a dit. « Tout ça ? », j’ai répondu. « Oui, la dame en rouge fait un maillot intégral, ça prend du temps. »

La dame en rouge est devenue verte et je suis repartie avec mes poils, bien décidée à me les arracher moi-même.

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