Marianne

Bordeaux

Elle marchait d’un pas rapide, ses ballerines dorées faisant sursauter quelques cailloux au passage.

Elle détestait être en retard. La dernière fois, son fils l’avait attendue plus d’une heure devant l’école, sans personne pour le surveiller. La directrice avait eu beau lui promettre que cela n’arriverait plus, elle n’avait pas confiance. Elle devait se dépêcher.

Elle connaissait ce parc par cœur. Lorsqu’elle ne l’empruntait pas pour se rendre au centre-ville, elle venait s’y ressourcer de longues heures durant, sur le banc rouge à l’ombre du chêne centenaire. Elle fermait alors les yeux, laissant le vent et le soleil l’emmener dans ses songes.

C’était son petit moment à elle, une parenthèse dans sa vie rythmée de mère au foyer.

Ses ballerines et le temps s’arrêtèrent net lorsqu’elle le vit.

Il marchait dans la direction opposée, sa silhouette familière s’approchant un peu plus d’elle à chaque enjambée. Ils allaient se croiser.

- Georges, c’est toi ?
- Oui, c’est moi. On se connaît ?

Elle avait souvent cru l’apercevoir au détour d’une ruelle, au volant d’une voiture ou à la caisse d’un supermarché, mais à chaque fois elle avait été déçue. Ce n’était pas lui.

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Lettre à Public

Cher magazine Public,

Hier, en faisant un petit tour sur Twitter, j’ai appris qu’Amel Bent était morte. De nombreux tweets la mentionnaient et leur contenu ne laissait que peu de mystère.

« Nan c’est pas possible :o  »

« Oh non, pas Amel Bent, la pauvre ! »

« Je suis dég pour elle ! »

« Dites-moi que c’est pas elle ou je fais un AVC »

« C’est le choc de ma vie. »

« Je suis choquée, c’est horrible !!! »

« Mais qu’est-ce qui lui est arrivé ??? »

« Je suis en deuil »

« Pauvre Amel Bent, j’étais fan. »

« Noooon c’est dégueulasse !!! »

« La vie de moi je suis choqué »

« Si jeune, c’est moche. »

J’étais prête à me joindre à la horde de fans dans la douleur quand, à la faveur de quelques recherches supplémentaires, j’ai appris qu’elle n’avait pas été frappée par la mort.
Mais par PIRE.
Elle a pris du poids.

Amel Bent

En effet, cette semaine, en Une de ton bienveillant magazine, tu as choisi d’afficher Amel Bent en maillot de bain, avec visiblement quelques kilos en plus par rapport à « la norme ». Et, histoire qu’on comprenne bien le drame qu’elle traverse, tu as ajouté le sous-titre « Amel Bent, un gros coup de mou« .

Cher Public, je tenais à t’écrire aujourd’hui pour te faire part de deux-trois choses.

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Hey Mademoiselle !

Charriot

- Hey Mademoiselle !

Je ne me suis pas retournée de suite.
Il ne pouvait pas me parler à moi.

Je venais de me taper une heure de poussage de charriot dans les allées bondées de Carrefour. La clim soufflait du chaud, moi je soufflais tout court, j’avais oublié ma liste et multiplié les allers-retours entre les rayons opposés. Au niveau du traiteur, un miroir m’avait fait sursauter. Cheveu huilé, œil de merlan frit et joue de bœuf, je serais partie à un bon prix si on m’avait mise en vitrine.
Non, il ne pouvait pas s’adresser à moi.

- Mademoiselle, attendez !

Pourtant, il insistait.
Autour de moi, aucune femme. Avec moi, le bébé-presque-tout-neuf, affairé à tenter de dompter l’ouverture facile des lardons.
Peut-être qu’il me parlait à moi, finalement.
Mademoiselle.
Je ne m’en étais pas rendue compte, mais ça faisait un moment que personne ne m’avait appelée comme ça. La plupart des gens m’appellent Virginie, quelques uns Vivi, certains Ginie, une personne m’appelle Mon coeur, une autre Maman, deux ou trois doivent me nommer Connasse, des inconscients tentent le Madame, mais Mademoiselle, ça faisait bien longtemps que je ne l’avais pas entendu.

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Nouvelles nouvelles

Big tastycule

Yo les copains !
Comment ça se passe sous les doudounes ?

Moi ça va, merci. Je me félicite chaque jour qui passe d’avoir laissé poussé ma fourrure.
Mais ne vous inquiétez pas, le beau temps va bientôt revenir. Je le sais parce que ma cicatrice mal placée me démange à chaque changement de temps. Et là je peux vous dire que ça gratte sévère. C’est classe, vous verriez ça. Je suis un peu l’Evelyne Dheliat du coccyx.

Bon, je ne suis pas là pour vous parler météo, mais pour vous dire que j’ai réitéré. Ceux qui me suivent sur Facebook ou Twitter le savent déjà, mais vu que ce n’est pas le cas de tous, il fallait que je vous le dise ici aussi.

Donc j’ai encore participé au concours de nouvelles organisé par Au Feminin.
Vous savez à quel point ça compterait pour moi de le gagner, et pas seulement parce qu’il y a un sac Longchamp à gagner.
Ce qui m’intéresse vraiment, c’est le coaching littéraire et cette possibilité de savoir si je suis la Cindy Sander de l’écriture ou si j’ai raison de m’accrocher.

Alors, si ça vous dit, je vous invite à lire les deux nouvelles que j’ai écrites. Et, si elles vous plaisent, vous pouvez m’aider en cliquant sur « j’aime » en haut de la page.
On ne vote qu’une seule fois, pas besoin d’y aller tous les jours. En revanche, vous pouvez voter pour autant de nouvelles que vous le souhaitez.

Les six nouvelles qui auront obtenu le plus de votes seront présentées au jury, présidé par Tatiana de Rosnay, avec six autres nouvelles choisies par un comité de lecture. Ainsi, tout le monde a ses chances et c’est plutôt super bien.
(une seule nouvelle par auteur sera conservée, évidemment)
L’année dernière, vous m’avez permis d’être finaliste, j’espère qu’il en sera de même cette année, même si je m’y prends un peu tard. Les premières ont déjà pas mal de votes, va falloir que l’une de mes nouvelles (ou les deux) vous plaisent à fond.
J’espère !

La première nouvelle a pour thème « Qu’est devenu mon premier amour ? ».
Vous pouvez la lire ICI

La seconde a pour thème « Ca fait deux heures qu’il l’attend ».
Vous pouvez la lire ICI

J’ai les fesses qui font bravo en attendant vos avis, n’hésitez pas à venir me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires.
Et si vous voulez partager, ne vous gênez pas.

J’espère que ça vous plaira.
Merci les copains !

Ginie Nouvelle

(la photo n’a rien à voir, mais pour il fallait que ceux qui ne me suivent pas sur les réseaux sociaux sachent à quel point on s’amuse bien quand on va à Mc Do…)

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Et dans 20 ans

Mains

Et dans 20 ans, on se souviendra de leur arrivée, guidés par la voix du GPS depuis des heures.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos appréhensions. Ouvrir notre maison, nos vies, à des gens qu’on n’a vus qu’une seule fois, est-ce bien raisonnable ?

Et dans 20 ans, on se souviendra que la coiffeuse m’avait complètement loupée et que je ressemblais étrangement à Fifi, le cochon d’Inde de mon adolescence.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos premières heures à six, un peu gauches, un peu réservées, mais tellement prometteuses.

Et dans 20 ans, on se souviendra des quais, de la plage, de la piscine, du hamac, des langues de vieille, du démaquillage, de Kiko, de l’apéro en famille, du carrelage en ciment, des couches pleines, de la pluie, de l’oubli du maillot de bain, du « kèkecé », des morsures, des grasses mat.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos tout petits, qui portaient encore des couches et se faisaient des câlins. Des gâtés, comme on dit par chez eux.

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