Lettre à ceux qui spoilent les séries

Got

Cher Toi,

Depuis hier, les réseaux sociaux sont divisés en deux camps : celui de ceux qui font des HOOOOO et des HAAAAAA parce qu’ils ont vu quelque chose de foufou dans le dernier épisode de Game of Thrones, et ceux qui font des HOOOOOOOOO et des HAAAAAAAA parce qu’ils n’ont pas encore vu le dernier épisode de Game of Thrones et qu’ils auraient bien voulu le regarder sans savoir qu’il allait se passer quelque chose de foufou. Histoire d’être un peu surpris, quoi, parce que quand tu connais la fin d’un film, c’est un peu comme quand tu te tapes tout un cône glacé et qu’il n’y a pas de chocolat au fond. Ca gâche le plaisir.

Je fais partie de la deuxième catégorie. Et c’est à toi, qui fais partie de la première, que j’adresse ces mots.
J’aimerais juste comprendre : POURQUOIIII ? (copyright Moundir)

Quel est l’intérêt de balancer la fin d’un épisode, d’un film, d’un livre, d’un frottis, sur les réseaux sociaux ?
Qu’est-ce que ça t’apporte ?
Est-ce que tu te sens mieux après ?
Est-ce que tu as le poil plus doux et un meilleur transit ?

J’ai beau chercher, je ne vois pas. Alors j’essaie de comprendre. De me mettre à ta place.
Et voici les possibilités qui me viennent.

1/ Tu as manqué d’amour étant petit

Tu as été élevé par des autruches et elles n’étaient pas très très gentilles avec toi, surtout au moment de la becquée. Depuis ton plus jeune âge, tu fais tout pour te faire aimer et ça marche plutôt pas mal. Ton Skyblog de chatons trop mignons récolte environ deux commentaires par semaine, contenant généralement les mots « enlarge » et « penis », mais des commentaires quand même.

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L’artichaut

Artichaut

Il y a des hommes qui offrent des bijoux.
Il y a des hommes qui récitent des vers de Baudelaire.
Il y a des hommes qui écrivent des mots d’amour.
Il y a des hommes qui couvrent leur femme de compliments.
Il y a des hommes qui conjuguent « je t’aime » à tous les temps.7

Et puis il y a le mien.

Le mien, qui, alors qu’on marchait ce matin sur un trottoir, a brisé le silence avec une phrase sortie de nulle part :

– Toi, en fait, t’es un artichaut, il m’a dit.

Je l’ai regardée, interloquée, me demandant de quoi il pouvait bien parler. J’ai cru un instant qu’il faisait un AVC, mais non, il a poursuivi :

– Ouais, voilà, t’es un artichaut. T’as un gros cœur et plein de poils.

Y a pas à dire, il sait faire les compliments, mon homme à moi.

Ginie, légume bouilli

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Une journée (extra)ordinaire

Anniversaire

Salut les vieux, c’est le bébé-presque-tout-neuf.
Je profite de l’absence de ma reum (elle fait caca) pour lui piquer le clavier et vous raconter la journée qui vient de s’écouler. Je sais qu’elle avait prévu de le faire, mais je crois qu’elle vous a déjà livré pas mal de guimauve ces derniers jours, fallait que je fasse quelque chose pour vous éviter le diabète.

Soyez mignons, ne lui dites pas que je vous ai raconté ça, elle risque de venir me réveiller pour me faire un câlin. Et après la journée que je viens de passer, j’apprécierais assez d’avoir une nuit complète. Déjà qu’avec les ronflements de mon père je me paie des réveils en sursaut…

Donc.

Ce matin, je me suis réveillé plus tôt que d’habitude. Ils ont essayé d’être discrets, genre je ne les entendais pas de l’autre côté de la porte. Je sentais bien que quelque chose se tramait, alors je leur ai fait part de ma présence.
– BIBIIIIIIIIIIIIIIIII !

Visiblement ils avaient besoin d’un traducteur, parce que c’est sans biberon qu’ils ont débarqué dans ma chambre, mais avec une tronche qu’on aurait dit qu’ils venaient de se mater l’intégrale des Feux de l’Amour. Ils se tenaient la main, ils se sont plantés autour de mon lit et m’ont dit « Joyeux anniversaire mon grand » avant de me faire des câlins et des bisous pendant pas loin de quatre heures trente.
Le fait que je sois en train de décéder de faim n’avait pas l’air de les déranger, notez.
J’ai joué le jeu quelques minutes, j’ai souri, j’ai presque ronronné, mais à un moment fallait bien qu’ils comprennent que les câlins ne nourrissent pas leur homme. Alors j’ai fait caca. C’est le meilleur tour de magie de l’univers, ça. Tu fais caca et tout le monde disparaît.

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Confession d’une accro du mytho (sponso)

Aujourd’hui, je laisse ma plume à quelqu’un qui souhaite rester anonyme pour se confesser. Elle ne veut pas que je vous donne son prénom, ni même que je révèle certaines caractéristiques la concernant (la couleur de ses cheveux, son accent, sa pilosité), je peux simplement vous révéler qu’elle travaille dans la communication, qu’elle tient un blog, que son prénom contient 5 lettres, commence par un G et finit par un E.
Le sujet du jour, c’est les petits mensonges que l’on sert à nos enfants, que ce soit pour leur bien ou pour le nôtre. Comme chacun le sait, je suis incapable de mentir au bébé-presque-tout-neuf, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de laisser la parole à cette personne anonyme.
G- – – E, c’est à toi.

Merci Ginie ! (quel joli prénom)
Je suis maman d’un petit garçon de bientôt trois ans (comme toi dis donc) et marraine d’un grand garçon de bientôt sept ans (comme toi encore, fou !). Je crois que le mensonge est l’une des choses que je déteste le plus, et je m’étais promis de ne jamais mentir aux enfant. Je me souviens de ma nounou, alors que je marchais sur la route en revenant de l’école, qui m’avait dit qu’à cet endroit précis, un enfant avait été écrasé par un camion et ses restes avaient été ramassés à la petite cuillère. Encore aujourd’hui, à chaque fois que j’y passe, j’imagine des gens à quatre pattes, en train de ramasser des morceaux de viande avec une petite cuillère. Et j’espère qu’ils ne sont pas bouchers.

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Marche à l’ombre

Marche nordique

J’avais juré de ne jamais commencer.
Toute petite déjà, je m’étais fait la promesse de résister, d’être forte. De ne pas faire comme les copains.
J’ai tenu parole, pendant près de trente ans.
Aparté : j’ai dû recompter avant d’écrire ça, je trouvais que 30 + 10 ça faisait beaucoup, quand même. Comme l’autre fois, avec des copains on parlait d’un autre copain, quelqu’un a dit qu’il avait quarante ans, j’ai dit « ah bon, il est si vieux ? ».
Quarante ans. Mon âge dans deux ans et vingt-neuf jours, donc.

Bref.
J’ai tenu parole, pendant près de dix ans (ça me fait moins mal, permettez).

Et puis, il y a deux mois, j’ai craqué.
Je me suis mise au sport.
Et pas n’importe lequel : celui dont je me moquais à chaque fois que je croisais un marcheur avec des bâtons dans la rue (hahaha, le naze, il a oublié ses skis), j’ai nommé la marche nordique.
A chaque fois que quelqu’un passe à ma hauteur alors que je suis en train de marcher avec mes bâtons (genre une mamie qui me double avec son déambulateur), j’entends distinctement des rires. Je ne sais pas encore s’ils viennent de l’extérieur ou de l’intérieur de mon crâne, en revanche.

Pour m’y tenir, voire y prendre goût, j’ai mis toutes les chances de mon côté :

  • J’ai choisi un bois agréable et bien fréquenté (je bénis chaque soir l’inventeur du moule-fessier masculin).
  • J’ai investi l’équivalent d’un rein (en TBE) dans une tenue micro-aérée/absorbeuse-de-transpiration/confortable/moche.
  • J’ai investi l’équivalent d’un rein en TBE + son jumeau + toute la tuyauterie et quelques accessoires (vessie, périnée) dans une paire de chaussures dont j’avais lu le plus grand bien dans des comparatifs et dans la bouche du vendeur.
  • J’ai acheté des des bâtons, une casquette, une ceinture pour porter ma bouteille d’eau, des chaussettes rembourrées, un brassard pour mon téléphone, un sac à dos qui ne rebondit pas sur les fesses, de la cocaïne et des lunettes de soleil, pour que personne ne me voie pleurer à la caisse de Décathlon.
  • Je suis accompagnée d’une personne qui a pratiqué en club, qui ne perd (presque) pas patience quand j’avance tellement lentement que, plus lentement, je recule, et qui ne me plaint pas quand je lui assure que je vais décéder d’un infarctus du mollet droit (ma mère).
  • J’ai pris tellement de poids que, quand j’ai la flemme d’y aller, mon miroir se brise et m’envoie des petits morceaux de verre pour que je bouge fissa.

Je suis à deux doigts de demander à l’état civil d’ajouter MOTIVATION dans la case « deuxième prénom ».

Depuis deux mois, donc, je marche trois fois par semaine. J’ai commencé par trois kilomètres (oh ça va, je te rappelle que je fais de la tachycardie, tu voudrais pas avoir ma mort sur la conscience ?), maintenant j’en fais cinq, un jour je ferai un tiers-marathon.
Et A CHAQUE FOIS, c’est le même scénario.

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