Pourquoi les réseaux sociaux me rendent con

Facebook

Je travaille sur les réseaux sociaux.
Je m’y connecte tous les jours, plusieurs fois. C’est chouette, vous me direz, Facebook et Twitter y a pire comme open space. Et c’est vrai.
J’y croise plein de discussions intéressantes, des posts qui me font pleurer de rire, des inspirations qui font pleurer mon banquier, mais pas de rire, des nouvelles de gens qui m’importent, de l’entraide, des débats enrichissants, des photos qui font voyager, des vidéos qui font s’évader.

Pourtant, depuis quelque temps, il m’arrive quelque chose que j’ai connu il y a des années. Un truc que je ne pensais pas possible avec un environnement de travail virtuel.
Je vais travailler la boule au ventre.

Je l’ai vu venir, je ne suis pas tellement surprise. Depuis bientôt six ans que je fais ce job, j’ai senti le changement s’opérer.
Avant, entre deux sessions de boulot, je pouvais flâner, cliquer de lien en lien, m’intéresser, passer des heures à me laisser guider par ce que les autres partageaient.
Maintenant, je me connecte directement sur les pages de mes clients, j’effectue la veille nécessaire à mon travail et c’est tout.
Ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont d’ailleurs dû s’en rendre compte, j’y suis bien moins présente qu’avant à titre personnel.
Et il y a une raison à ça : les réseaux sociaux me rendent con.

Parce que sur Facebook et Twitter, il n’y a pas que des photos drôles et des images inspirantes.

Il y a aussi des photos d’enfants morts noyés en essayant de quitter leur pays en guerre, et des gens qui s’en réjouissent dans les commentaires. Ils n’avaient qu’à rester chez eux, les petits cons.

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Mon double infini

Infini

On m’avait dit qu’un jour, j’arriverais à penser à toi en souriant. Aujourd’hui ça fait cinq ans que tu n’es plus là, et si avoir le cœur serré, la gorge douloureuse et le ventre vide ça s’appelle sourire, alors oui, je souris en pensant à toi.

Je ne veux pas que ça fasse cinq ans.
Parfois, quand je ferme les yeux, je vois une voiture. Elle en jette, avec sa peinture flamboyante et ses quatre pneus qui résistent à toutes les intempéries. Elle roule à vive allure, sans trop faire attention au paysage, parce qu’il faut y aller, c’est là-bas que tout le monde va. Elle prend bien quelques bosses, quelques nids de poule qui mettent à rude épreuve ses amortisseurs, mais elle repart toujours de plus belle. Droit devant.
Et puis un jour, un mur.
Elle ne l’avait pas vu, elle arrivait pied au plancher, faut dire qu’elle se rendait à un endroit sympa et qu’elle était pressée d’y être. L’impact l’a désintégrée. Il y en avait partout, un pneu à droite, le volant à gauche, la carrosserie en mille morceaux et le moteur en feu. Elle a cru que c’était terminé. Elle l’a un peu espéré, aussi.
Elle est restée là quelque temps, à regarder la scène comme s’il s’agissait d’une autre voiture, et puis elle a entrepris de se réparer. Elle a mis le temps, elle a remonté les pièces une à une, elle s’est parfois trompée et a recommencé.
Et un jour, elle est redevenue la voiture flamboyante que tout le monde connaissait. Si on y regardait de plus près, on voyait bien quelques rayures, mais le vernis faisait illusion. A un détail près. Dans le choc, elle a perdu son passager. Il est là, sur le bord de la route, il ne répond plus, il ne réagit plus.
Elle l’aime ce passager, elle l’a longtemps attendu, elle avait prévu de faire route avec lui jusqu’au bout et de l’emmener visiter des routes pleines de fleurs et d’arcs en ciel. Elle s’est habituée à sa présence, à ses mouvements sur ses sièges, à son prénom, à ses promesses. Elle ne veut pas le laisser là, sur le bord de la route, près de la borne 8/8/10. Elle ne veut pas avancer sans lui.
Un mécanicien passe par là et ne lui donne pas le choix. Si tu restes là, tu disparais aussi, il lui dit. C’est la route, c’est comme ça.
Alors la voiture reprend la route, un peu plus lentement.
En voyant dans son rétro son passager chéri qui devient de plus en plus petit.

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Le prénom

Fils

Tu avais encore du chocolat sur le menton, vestige du « yayout au cola » que tu venais d’engloutir. Je t’observais comme je le fais souvent, essayant de deviner ce qui se passait dans ta jolie petite tête recouvertes de boucles.
Tu avais le regard grave et la voix qui ne l’était pas moins, je ne comprenais pas tout mais visiblement tu expliquais à Doudou que non, on n’avait pas le droit d’écrire sur les murs. Il ne faisait pas le fier, Doudou. Puis tu lui as fait un câlin, c’était pardonné, on n’est pas rancunier quand on a trois ans.

Si tu savais ce que ça m’attendrit de te voir vivre ta vie. Ça me bouleverse, même.
Des fois, j’ai le cœur qui se gonfle, je ne sais pas trop de quoi, d’un mélange sans doute, un peu de reconnaissance, une tonne de bonheur, une lichette d’angoisse, des litres d’amour.
Tu joues à être grand, tu joues à être nous, tu as le temps mon amour, prends-le, il ne t’attendra pas.

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Lettre à ceux qui spoilent les séries

Got

Cher Toi,

Depuis hier, les réseaux sociaux sont divisés en deux camps : celui de ceux qui font des HOOOOO et des HAAAAAA parce qu’ils ont vu quelque chose de foufou dans le dernier épisode de Game of Thrones, et ceux qui font des HOOOOOOOOO et des HAAAAAAAA parce qu’ils n’ont pas encore vu le dernier épisode de Game of Thrones et qu’ils auraient bien voulu le regarder sans savoir qu’il allait se passer quelque chose de foufou. Histoire d’être un peu surpris, quoi, parce que quand tu connais la fin d’un film, c’est un peu comme quand tu te tapes tout un cône glacé et qu’il n’y a pas de chocolat au fond. Ca gâche le plaisir.

Je fais partie de la deuxième catégorie. Et c’est à toi, qui fais partie de la première, que j’adresse ces mots.
J’aimerais juste comprendre : POURQUOIIII ? (copyright Moundir)

Quel est l’intérêt de balancer la fin d’un épisode, d’un film, d’un livre, d’un frottis, sur les réseaux sociaux ?
Qu’est-ce que ça t’apporte ?
Est-ce que tu te sens mieux après ?
Est-ce que tu as le poil plus doux et un meilleur transit ?

J’ai beau chercher, je ne vois pas. Alors j’essaie de comprendre. De me mettre à ta place.
Et voici les possibilités qui me viennent.

1/ Tu as manqué d’amour étant petit

Tu as été élevé par des autruches et elles n’étaient pas très très gentilles avec toi, surtout au moment de la becquée. Depuis ton plus jeune âge, tu fais tout pour te faire aimer et ça marche plutôt pas mal. Ton Skyblog de chatons trop mignons récolte environ deux commentaires par semaine, contenant généralement les mots « enlarge » et « penis », mais des commentaires quand même.

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L’artichaut

Artichaut

Il y a des hommes qui offrent des bijoux.
Il y a des hommes qui récitent des vers de Baudelaire.
Il y a des hommes qui écrivent des mots d’amour.
Il y a des hommes qui couvrent leur femme de compliments.
Il y a des hommes qui conjuguent « je t’aime » à tous les temps.7

Et puis il y a le mien.

Le mien, qui, alors qu’on marchait ce matin sur un trottoir, a brisé le silence avec une phrase sortie de nulle part :

– Toi, en fait, t’es un artichaut, il m’a dit.

Je l’ai regardée, interloquée, me demandant de quoi il pouvait bien parler. J’ai cru un instant qu’il faisait un AVC, mais non, il a poursuivi :

– Ouais, voilà, t’es un artichaut. T’as un gros cœur et plein de poils.

Y a pas à dire, il sait faire les compliments, mon homme à moi.

Ginie, légume bouilli

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