Hey Mademoiselle !

Charriot

- Hey Mademoiselle !

Je ne me suis pas retournée de suite.
Il ne pouvait pas me parler à moi.

Je venais de me taper une heure de poussage de charriot dans les allées bondées de Carrefour. La clim soufflait du chaud, moi je soufflais tout court, j’avais oublié ma liste et multiplié les allers-retours entre les rayons opposés. Au niveau du traiteur, un miroir m’avait fait sursauter. Cheveu huilé, œil de merlan frit et joue de bœuf, je serais partie à un bon prix si on m’avait mise en vitrine.
Non, il ne pouvait pas s’adresser à moi.

- Mademoiselle, attendez !

Pourtant, il insistait.
Autour de moi, aucune femme. Avec moi, le bébé-presque-tout-neuf, affairé à tenter de dompter l’ouverture facile des lardons.
Peut-être qu’il me parlait à moi, finalement.
Mademoiselle.
Je ne m’en étais pas rendue compte, mais ça faisait un moment que personne ne m’avait appelée comme ça. La plupart des gens m’appellent Virginie, quelques uns Vivi, certains Ginie, une personne m’appelle Mon coeur, une autre Maman, deux ou trois doivent me nommer Connasse, des inconscients tentent le Madame, mais Mademoiselle, ça faisait bien longtemps que je ne l’avais pas entendu.

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Nouvelles nouvelles

Big tastycule

Yo les copains !
Comment ça se passe sous les doudounes ?

Moi ça va, merci. Je me félicite chaque jour qui passe d’avoir laissé poussé ma fourrure.
Mais ne vous inquiétez pas, le beau temps va bientôt revenir. Je le sais parce que ma cicatrice mal placée me démange à chaque changement de temps. Et là je peux vous dire que ça gratte sévère. C’est classe, vous verriez ça. Je suis un peu l’Evelyne Dheliat du coccyx.

Bon, je ne suis pas là pour vous parler météo, mais pour vous dire que j’ai réitéré. Ceux qui me suivent sur Facebook ou Twitter le savent déjà, mais vu que ce n’est pas le cas de tous, il fallait que je vous le dise ici aussi.

Donc j’ai encore participé au concours de nouvelles organisé par Au Feminin.
Vous savez à quel point ça compterait pour moi de le gagner, et pas seulement parce qu’il y a un sac Longchamp à gagner.
Ce qui m’intéresse vraiment, c’est le coaching littéraire et cette possibilité de savoir si je suis la Cindy Sander de l’écriture ou si j’ai raison de m’accrocher.

Alors, si ça vous dit, je vous invite à lire les deux nouvelles que j’ai écrites. Et, si elles vous plaisent, vous pouvez m’aider en cliquant sur « j’aime » en haut de la page.
On ne vote qu’une seule fois, pas besoin d’y aller tous les jours. En revanche, vous pouvez voter pour autant de nouvelles que vous le souhaitez.

Les six nouvelles qui auront obtenu le plus de votes seront présentées au jury, présidé par Tatiana de Rosnay, avec six autres nouvelles choisies par un comité de lecture. Ainsi, tout le monde a ses chances et c’est plutôt super bien.
(une seule nouvelle par auteur sera conservée, évidemment)
L’année dernière, vous m’avez permis d’être finaliste, j’espère qu’il en sera de même cette année, même si je m’y prends un peu tard. Les premières ont déjà pas mal de votes, va falloir que l’une de mes nouvelles (ou les deux) vous plaisent à fond.
J’espère !

La première nouvelle a pour thème « Qu’est devenu mon premier amour ? ».
Vous pouvez la lire ICI

La seconde a pour thème « Ca fait deux heures qu’il l’attend ».
Vous pouvez la lire ICI

J’ai les fesses qui font bravo en attendant vos avis, n’hésitez pas à venir me dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires.
Et si vous voulez partager, ne vous gênez pas.

J’espère que ça vous plaira.
Merci les copains !

Ginie Nouvelle

(la photo n’a rien à voir, mais pour il fallait que ceux qui ne me suivent pas sur les réseaux sociaux sachent à quel point on s’amuse bien quand on va à Mc Do…)

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Et dans 20 ans

Mains

Et dans 20 ans, on se souviendra de leur arrivée, guidés par la voix du GPS depuis des heures.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos appréhensions. Ouvrir notre maison, nos vies, à des gens qu’on n’a vus qu’une seule fois, est-ce bien raisonnable ?

Et dans 20 ans, on se souviendra que la coiffeuse m’avait complètement loupée et que je ressemblais étrangement à Fifi, le cochon d’Inde de mon adolescence.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos premières heures à six, un peu gauches, un peu réservées, mais tellement prometteuses.

Et dans 20 ans, on se souviendra des quais, de la plage, de la piscine, du hamac, des langues de vieille, du démaquillage, de Kiko, de l’apéro en famille, du carrelage en ciment, des couches pleines, de la pluie, de l’oubli du maillot de bain, du « kèkecé », des morsures, des grasses mat.

Et dans 20 ans, on se souviendra de nos tout petits, qui portaient encore des couches et se faisaient des câlins. Des gâtés, comme on dit par chez eux.

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Ce que tu as laissé

C’était un dimanche. Il faisait beau.
La journée avait été parfaite.

C’était la fête de mon père. La Saint Dominique.
C’était un 8 août.

C’était il y a 4 ans, jour pour jour.

C’était il y a 4 ans, et pourtant je me souviens de chaque minuscule détail.
Je me souviens de mes pensées pendant qu’on roulait vers la maternité.
Je me souviens de ce que je portais.
Je me souviens que tu appuyais sur mes côtes.
Je me souviens des sourcils froncés de la sage-femme.
Je me souviens du visage fermé de l’interne.
Je me souviens des joues inondées de ton père.
Je me souviens mot pour mot de la phrase qui a tout fait basculer.
Je me souviens de mon cœur qui voulait s’arrêter. Comme le tien.
Je me souviens du ventilateur qui osait continuer à tourner alors que ta vie s’était arrêtée.

C’était il y a 4 ans et il reste quelques photos, un doudou, une boîte pleine de toi et ton nom sur le livret de famille.
Il ne reste pas grand chose, mais tu as laissé beaucoup.
Tu as tout changé. Tout.

Un jour, ton frère me demandera de lui parler de toi.
Je l’espère et je l’appréhende.
Je ne sais pas quels mots je choisirai, comment je commencerai. Je ne sais pas si je pleurerai, si j’en dirai trop, ou pas assez.
Mais je sais ce que je lui dirai.

Je lui raconterai l’histoire de son grand frère parti avant d’avoir été.
Je lui raconterai comment j’aimais te parler, te caresser, t’imaginer, te protéger.
Je lui raconterai comment ton père posait sa tête sur mon ventre pour sentir son fils s’animer.
Je lui dirai comme tu étais beau, avec ton grand front et tes cheveux bruns. Je lui montrerai ta photo, s’il veut.
Je lui expliquerai surtout que si, chaque matin, j’ai le coeur qui explose de joie en entendant sa voix, c’est grâce à toi. Que si je réalise tant la chance que c’est, d’avoir un enfant en bonne santé, c’est grâce à toi. Que si je profite VRAIMENT de chaque moment avec lui, c’est grâce à toi.
Tu as fait de moi la maman que je suis. Inquiète, beaucoup trop, mais consciente, tellement.

Je lui dirai que c’est aussi grâce à lui. Parce que c’est un petit garçon exceptionnel. Tu aurais aimé l’avoir pour petit frère. Il aurait aimé t’avoir pour grand frère.

C’était il y a quatre ans, c’était hier, c’est aujourd’hui. Tu es là, avec nous, tout le temps.
Mon fils.
Mon grand.
Ma blessure.
Ma force.

Tu me manques tellement.

Rainbow

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Lecture

J’ai reçu deux gentils messages ces derniers jours. Ils disaient, en substance, que j’étais rien qu’une vilaine parce que je vous recommandais des livres juste parce que mes copines les avaient écrits, pour la peine ils ne me lisaient plus, ça me ferait les pieds, y en a marre de ces blogs où c’est copinage et catalogue.

Du coup, comme je suis une rebelle, aujourd’hui je vais vous parler de quelques livres, tous écrits par des blogueuses que je connais virtuellement, plus ou moins. Des copines, des connaissances, des amies dont la plume ne me laisse aucun doute.
Des livres que vous pourriez aimer, que j’avais envie de mettre en valeur ici, puisque c’est l’été et qu’on a un peu plus le temps de lire.

Pour chacun, je mets les liens vers Amazon, mais vos libraires peuvent vous fournir.

 

LES ROMANS

Un tout petit rien, Camille Anseaume

Je sais, je sais, je vous en ai déjà fait l’éloge lors de sa sortie. Mais il paraît que j’ai de nouveaux lecteurs et je ne peux décemment pas les laisser dans l’ignorance plus longtemps.
Si vous voulez lire un bijou, un roman que TOUS CEUX qui l’ont lu encensent, qui touche, fait rire et remue vraiment, c’est ce livre-là qu’il vous faut.
Pour la petite histoire, après l’avoir fait lire à tous mes proches, je l’ai passé à ma grand-mère. Je n’étais pas sûre qu’elle aime l’histoire, mais je me suis dit que la plume de Camille saurait l’embarquer. Le lendemain, elle m’appelait pour me dire que c’était un bijou, que cette fille irait très loin, qu’elle avait éclaté de rire à trois reprises (ma grand-mère n’est pas une éclateuse de rire), qu’elle avait été émue, bref, qu’elle avait A-DO-RE. Je n’ai pas pu m’empêcher d’appeler Camille pour le lui dire et je me suis dit que, vraiment, ce roman était universel.

Le pitch : Le monde de Camille, 25 ans, s’écroule lorsqu elle se découvre enceinte de l homme avec qui elle partage ses nuits mais pas beaucoup plus.
« Le plus gros engagement qu on ait pris ensemble, c était de se dire qu on s appellerait en fin de semaine. C était quand même un mardi. [...] C est beaucoup plus que sexuel, c est beaucoup moins qu amoureux. C est nos culs entre deux chaises… »
Son amant claque la porte en apprenant la nouvelle. Commencent alors pour elle douze semaines d hésitation, entre réunions avec ses amies, rencontres houleuses avec sa famille, et rendez-vous médicaux. Camille fait des listes de « pour » et « contre », désespère en montant les sept étages qui la mènent à sa chambre de bonne, et pleure quand un de ses yaourts vient s écraser en bas… Le temps file mais elle ne parvient pas à faire son choix : garder l enfant et l élever seule, ou s en séparer et tenter de reprendre le cours normal de sa vie ?
Camille Anseaume signe, avec une justesse remarquable, un très joli roman sur le passage à la fois douloureux et réjouissant d une existence à une autre. Un récit plein de poésie, tendre et drôle, qui décrit finalement plus la venue au monde d une mère que celle d un enfant.

Pour l’acheter :

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