La semaine dernière, j’ai écrit une lettre à celle que j’étais à 16 ans. Eh ben figure-toi qu’elle m’a répondu.

J'ai failli être Tiger Woods
Salut Virginie,
J’ai bien reçu ta lettre, je te réponds donc. Tu sais à quel point l’adolescente rebelle que je suis aime avoir le dernier mot.
Comme tu le dis toi-même, en ce moment c’est pas la fête. Maman est un peu relou à me surveiller autant, l’autre jour j’ai failli me faire choper quand le lycée a envoyé un avis d’expulsion de trois jours. Heureusement, j’ai réussi à intercepter le courrier en insérant dans la fente de la boîte-aux-lettres un double-décimètre au bout duquel j’avais collé un énorme chewing-gum. Mais je pense que tu t’en souviens, tu as certainement encore une cicatrice sur le pouce droit (putain de fente).
Et puis Cyril est trop un gros con, il m’ignore complètement quand il est avec ses copains et ne vient me voir que quand il n’a rien d’autre à faire. Si je ne l’aimais pas autant, je le détesterais. Mais l’autre jour il m’a dit que j’étais super bien gaulée alors je crois qu’il m’aime bien, quand même. En attendant, je m’entraîne à signer avec son nom et je grave « Cyril + Virginie = AESD » sur le bureau pendant les cours d’histoire-géo, ça me permet de faire abstraction des postillons de Monsieur Houques.
C’est pas fastoche d’avoir 16 ans. J’aimais bien être une enfant, j’ai l’impression que c’est passé trop vite et je n’ai pas du tout envie de devenir une adulte, ça a l’air bien chiant. T’as certainement encore les poèmes que j’écris sur ça. En ce moment y a une chanson qui cartonne, ça s’appelle « Dur dur d’être bébé ». Ils auraient mieux fait de l’appeler « Dur dur d’être un ado », elle aurait été beaucoup plus crédible.
En dehors du fait qu’on me demande de choisir une orientation professionnelle alors que j’ai déjà du mal à choisir ma tenue chaque matin, je dois faire face à d’importants problèmes. Figure-toi que Julie, ma meilleure amie depuis le collège, est allée répéter à Sabrina qu’en cinquième je mettais du sopalin dans le soutif. Résultat, la moitié de la classe m’appelle Moltonel. Les cons.













