- Mais elle est pas morte ?
- Non, juste enceinte.
- Hoooo, la pauvre…
Tu ne crois pas si bien dire, toi.
C’est qu’il y a quelques mois de ça, le quatorzième jour après l’arrivée des connasses mensuelles, quand le mari-presque-tout-neuf-mais-plus-trop et moi on se prenait pour Rocco et Clara dans le remake de « Arrosage automatrique », immédiatement enchaîné avec le poirier contre le mur censé aider les têtards obsédés à trouver leur chemin, je croyais sincèrement que j’allais sous peu me transformer en l’une de ces femmes épanouies dont la main droite semble avoir été greffée sur le ventre et la gauche à une aiguille à tricoter.
Que nenni, malheureuse ! C’est de l’intox !
Déjà, tricoter d’une seule main, c’est assez balèze, il faut le savoir. Et puis surtout, l’épanouissement de la femme pendant la grossesse me semble un concept aussi crédible que le visage naturel d’Igor et Grichka.
Il faut dire qu’il semble assez difficile d’être épanouie quand on a :
- mal au dos (sciatique)
- mal au ventre (décollement du placenta)
- mal au cul (hémorroïdes)
- mal à la tête (migraines)
- mal au vagin (mycoses)
- mal au coeur (trois mois de vomissements)
- mal aux côtes (coups de pieds)
- mal au moral (insomnies + hormones)
- mal à l’estomac (remontées acides)
- mal à la fierté (fuites urinaires, poils sur le ventre, épilation du maillot aléatoire)
Alors il paraît que certaines n’ont aucun des désagréments sus-cités.
Eh bien laisse-moi te dire que certaines les ont TOUS. Je me console en me disant que ça me donne forcément le droit d’avoir un enfant magnifique, qui fera ses nuits dès la première, ne pleurera que quand il se cassera un os, ne coupera pas la parole et partira de la maison le jour de ses dix-huit ans.
Sinon, c’est inhumain.
Tout ça pour te dire que tu m’as grave manqué et que j’ai culpabilisé de t’avoir laissé en plan comme ça. Mais entre la cuvette des toilettes, le lit, La Ferme célébrités, Dilemme, Secret Story et le hamac, j’avais comme qui dirait de bonnes raisons de déserter un peu le quartier, j’espère que tu comprendras.
Si tu ne comprends toujours pas, ajoute un déménagement en catastrophe, un ordi portable toujours HS qui m’oblige à me connecter sur la télé, assise sur un pouf, un vrai calvaire pour le dos et l’année la plus chargée en mauvaises nouvelles de toute ma longue et intéressante vie.
Si tu ne comprends toujours pas, tu brûleras en enfer avec Domenech et David Charvet.
Merci à tous ceux qui m’ont envoyé de gentils messages, à celles qui ne m’en ont pas voulu de ne toujours pas leur avoir envoyé leurs cadeaux et à ma Pussy qui m’a harcelée pour que je revienne.
Pour la peine, je reviens.
Tant pis pour toi.














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