C’est le père Michel qui a perdu sa chatte

Parfois, sur Facebook, on reçoit de drôles de messages. Des chaînes d’amitié qu’il ne faut pas briser sous peine de se retrouver avec le menton d’Igor et Grichka, des communiqués de presse qui n’oublient pas de nous demander de relayer mais qui oublient de dire bonjour, des photos de phallus au garde-à-vous, des insultes, des déclarations d’amour.
Et puis, il y a les messages de Michel.

Michel, je ne le connais pas, il ne fait même pas partie de mes contacts. Quelle n’a donc pas été ma surprise de découvrir, dans ma boîte de réception « autres », un gentil petit mot de sa part, datant du mois dernier.

Michel 1

J’étais flattée. Jamais je n’avais été abordée avec autant de finesse. J’ai d’abord songé à lui dire d’accord, à condition qu’on fasse ça à trois, avec Monsieur Bescherelle, mais j’ai eu peur de le braquer. Alors j’ai répondu plus sobrement.

Michel 2

Vu que le message de base datait un peu, j’avais peur qu’il m’ait oubliée et qu’il ne me réponde pas. Que nenni les copains, Michel était au garde-à-vous. Quelques minutes plus tard, je recevais une réponse.

Michel 3

Je dois avouer que tant de poésie me troublait au plus haut point. Mes mains tremblaient, mon coeur jouait du David Guetta, je n’étais pas loin du malaise vaginal. Je ne trouvais pas la force de répondre.
Il a eu la délicatesse de poursuivre la conversation pour moi.

Michel 4

J’ai eu peur qu’il ne s’enfuie, j’ai donc rassemblé toutes mes forces pour lui écrire.

Michel 5

Le gentleman ne m’a pas faite languir et a immédiatement répondu.

Michel 6

Mon coeur faisait des bonds, ma paupière faisait des sauts, mon ventre faisait des drôles de bruits. Mais je crois que c’était la gastro.
J’ai répondu.

Michel 7

Je me suis permise d’insister, parce qu’il ne fallait pas passer à côté de l’essentiel. Michel a eu la gentillesse de me répondre, avec la politesse qui le caractérise. Sans me brusquer.

Michel 8

Mais je voulais en savoir plus. Pour être sûre.

Michel 9

Je pense que j’avais touché un sujet sensible, puisque Michel a préféré éluder ma question.

Michel 10

Mais je ne me suis pas laissée abattre. Il avait tous les critères pour devenir l’homme de ma vie, je le sentais dans l’intérieur de mon moi-même intérieur. Il ne me fallait plus que cette confirmation pour courir le rejoindre.
J’ai donc insisté.

Michel 11

J’ai eu peur de le perdre, mais il fallait que je sache. Je ne pouvais pas débuter une relation, aussi magnifique et romantique soit-elle, sans savoir s’il était capable de toucher ses orteils avec ses doigts.
Mais il fuyait. Le sujet était visiblement douloureux.

Michel 12

Chaque mot qu’il m’offrait me faisait tomber un peu plus amoureuse de lui, je savais que j’allais souffrir, que j’aurais dû le quitter. Mais je n’y arrivais pas, c’était plus fort que moi.
Alors j’ai fait une dernière tentative pour sauver notre merveilleuse histoire.

Michel 13

Pendant plus d’une heure, je n’ai pas eu de nouvelle. J’ai cru l’avoir perdu à tout jamais, je voulais mourir. La vie ne valait pas le coup d’être vécue sans Michel. J’avais préparé une boîte de Doliprane et une bouteille de Champomy, pour mettre fin à mes souffrances, lorsque j’ai reçu un nouveau message.

Michel 14

J’étais heureuse comme je ne l’avais jamais été. Plus encore que le jour où Drazic a largué Anita (pour moi). Mais il fallait que je tienne bon, j’avais fait une promesse et j’allais la tenir. Notre histoire ne débuterait pas sur un mensonge.
Je m’y tiendrais donc, je ne lui adresserais à nouveau la parole que lorsqu’il m’aurait répondu.

Deux heures plus tard, il me renvoyait un message.

Michel 15

Je n’avais toujours pas la réponse tant attendue. Je savais ce que cela signifiait, mais il fallait que je sois forte. Pour notre bien à tous les deux. C’en était fini de notre amour, de notre histoire. En me promettant de ne jamais oublier Michel, qui avait été le premier à éveiller en moi des émotions fabuleuses.
Je suis allée me coucher avec le coeur en mille morceaux. Je ne vais pas vous mentir, j’ai rêvé de Michel toute la nuit, avec ou sans cuissardes, avec ou sans Maître Capello.
Le lendemain matin, en ouvrant Facebook, mon coeur a bondi quand j’ai vu la petite enveloppe rouge. J’avais un message. Je n’osais croire que l’expéditeur était Michel, pourtant c’est bien son beau visage qui s’est affiché lorsque j’ai cliqué. Juste à côté d’un message qui m’a immédiatement fait regretter de ne pas lui avoir laissé une chance.

Michel 16

Je crois savoir ce qu’il a voulu me dire. Les copains, je suis visiblement passée à côté d’un poète.

Ginie, éplorée

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51 commentaires

  1. C’est trompeur, comme mot, celui qui est une injure et qui commence par un B.
    Parce ça se joue à quelques lettres de dire rythme, plage ou pute (suis sûre qu’il y en a une foultitudes d’autres en plus…)
    Du coup, franchement, je le trouve hyper courageux d’avoir tenté le coup, Michel. Vraiment un chevalier du 21eme siècle cet homme-là!!
    (il t’a demandé ton tél, mais tu n’aurais pas le sien, par hasard? c’est pour une copine)
    🙂

  2. Rhooio cte chance!! Chuis jalouse. Tu trouves l’ homme de ta vie et pour un détail tu l’ abandonne?? Au pire fait tourner j’irai m’ acheter des cuissardes roses pour le séduire. Un tel poete romantique ca ne reste pas seul très longtemps…

  3. Je suis quand même allée voir dans le catalogue ikéa s’il yavait une poubelle du nom de skjurt.. Et puis non. Et je doute que la position « Dokument » existe. Tant pis !

  4. je suis écroulée…de rire ! surtout quant tu as parlé de toucher ses pieds avec ses doigts.
    Je suis sur que son physique est à la hauteur de sa délicatesse très touchante ! tu en as de la chance !

  5. Béat! Tu n’as pas compris: il est BÉAT d’admiration. Mais il est encore temps. Vite, réponds-lui, je t’en prie. Ne laisse pas passer une telle occasion de trouver l’Amour.

  6. Mouahahahahahahah !!!! Désolée je n’ai pas pu m’empêcher.
    Déjà que ma curiosité maladive m’avait fait constater précédemment que le sieur Michel existait vraiment… (et c’est ça qui fait peur).
    Je ne comprends pas comment mon homme a pu me faire tomber amoureuse de lui avec des roses alors que la prose de Michel est… comment dire… non je ne trouve pas les mots…

  7. wop pinaize ! mais il est collector, lui !
    son style, sa sensualité, oh la la, comme ça fait troooooop envie ! j’ai bien ri aussi !
    et dire qu’un pervers à l’affût de proies innocentes se cache derrière cet abruti…
    mais si tu veux d’autres courriers zarbi pour te défouler, j’en reçois aussi régulièrement, où des mourants à l’autre bout du monde veulent me léguer leur fortune juste pour mes beaux yeux…

  8. Que c’est bon de te lire …. tu m’as fait beaucoup rire !!!
    J’espère juste que je ne vais pas rêver de Michel maintenant … sur ce bonne nuit et encore merci !!

  9. Voilà… à force de te lire depuis si longtemps, ça me pendait au périnée…
    Je viens d’en expulser ma cup à force de rire !!! Ginnie, je t’aime !!!
    (pfiouuu c’est l’émotion, je suis jalouse en fait, tu nous le partageras ton michel un jour ? Je rêve d’une histoire comme celle-ci !)

  10. tu vois justement je me disais que ça faisait longtemps que tu ne nous avais pas fait tourner une super convers !! j’adore j’ai ri toute seule devant mon ordi !!

  11. J’ai falli recracher mon café tellement je suis morte de rire ! le coup du malaise vaginal est énorme !!! merci pour cet éclat de rire et merci pour tes délires qui sont toujours un plaisir à lire 🙂 belle journée à toi

  12. Je pense sincèrement que tu as laissé passer ta chance ! S’il daigne te recontacter, je propose que tu ailles au bout de tes envies, fixe le rdv et advienne que pourra ! Comment ça, « hors de question »?? Mais Ginie, voyons, tu peux quand-même bien faire ça pour ton fan club ! Bon, allez, tu fixes le rdv, tu lui fais mettre un pull vert pomme pour le reconnaître – je suis sûre que ça lui va trop bien au teint – tu te planques derrière un poteau, tu le prends en photo et tu te barres vite fait… pcq je ne voudrais pas que tu fasses la Une des journaux par mon insistance : « femme de 30 ans retrouvée étranglée par pull vert pomme dans chambre d’hôtel sordide » :p

    1. hahaha … je rigole autant en lisant certains commentaires qu’en lisant le texte ! quel régal !
      on devrait toutes avoir un michel sous le coude …

  13. Que j’ai ris ! Et que j’aime ne pas être une femme pour ne pas subir cela… quoi que, cela semble pouvoir devenir drôle… finalement j’hésite à ne pas vous envier finalement et je regarde le monde et… non en fait finalement non. Mais je rigole encore !

  14. Ahhh Michel !!!
    Quand au mystère de BEAT, je dirais que c’est un fin musicien qui a voulu lancer une discussion sur le beat du tube du moment… Sinon, mettons l’équipe des Chiffres et des Lettres sur le coup, sauf s’ils sont encore en train de déchiffrer O-D-I-L-E …

  15. J’ai lu et relu et vraiment, je ne comprends toujours pas comment tu as pu l’éconduire de la sorte… c’est moche Ginie… Tu sais de nos jours on ne trouve pas l’Amour sous le sabot d’un cheval. Réfléchis…

  16. Rolalala ce Michel envoie du pâté quand même… Je suis à la limite de te demander de dévoiler au grand public son nom de famille afin que nous puissions toutes profiter de sa grande poésie et peut être savoir un jour si il sait toucher ses doigts de pied avec ses mains ^^ Merci pour cette franche rigolade !

  17. Il y en a qui n’ont pas froid aux yeux ! mais je crois que cela me ferait flipper ! rien à voir mais j’ai un souci quand je viens lire les articles, je n’ai aucun ascenseur qui s’affiche du coup pour lire, c’est juste la galère, il faut y aller en « sélectionnant » le texte avec la souris 🙁 ; il n’y a qu’à moi que cela arrive ? mon navigateur bascule en affichage compatibilité et je ne sais pas pourquoi 🙁

  18. Tiens Ginie, donne-lui ce numéro : 06 34 32 26 28, qui est la ligne anti-relous d’une célèbre radio. En blog de passer sur ton blog, ce sera la postérité assurée avec un passage sur les ondes !

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