Comment j’ai failli être inapte, part. 2

Coucou, la voilà.
Qui ?
Kate.

Alors, on en était que la balance de ma mère était aussi déglinguée que moi, c’est dire.
Et que ma mère avait mis une annonce pour me faire adopter en Chine, mais ça c’est un autre sujet.

Le lendemain matin, quand le lapin a buté le chasseur, j’étais au boulot, en train de faire un solitaire, lorsque la voix douce de ma bien-aimée collègue me rappela à la dure réalité.
Je devais aller à la visite médicale.
J’ai terminé ma partie, faut pas déconner quand même, et je suis partie en faisant des grands signes d’adieu à mon boss.

T’as déjà passé une visite médicale, toi ?

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Je te ferais dire que c’est pas tout à fait comme ça.

D’abord, quand t’arrives, y a déjà dix personnes qui attendent en se rongeant les ongles et en battant le rythme de leur musique imaginaire avec le pied.
Tous les regards sont braqués sur toi, la dernière venue. Alors, tu fais la belle. Limite tu tords du cul.
Y en a bien un dans le lot qui va se dire que t’es canon. Merde, quoi.
Là, la dame de l’accueil, autrement appelée la grosse jalouse, te donne une fiche à remplir en te disant assez fort pour que tout le monde l’entende qu’il va falloir aller pisser dans un globelet.
A cet instant, ton cul ne remue plus du tout.

Tu décides d’aller à ton rythme et t’assois donc sur la chaise en plastique orange, décidée à remplir la fiche sus-nommée.
Il s’agit de déterminer les risques que tu encoures dans ton métier.
Il faut donc cocher des cases pour dire à quoi t’es exposé. Genre le bruit, les matériaux dangereux, les engins, les machines, etc…
J’ai juste coché que je travaillais sur un écran et que ça pouvait m’user les yeux, quand même.
Et puis, dans la section « autres », j’ai précisé que des fois, Emilien (prénom changé), mon collègue, il sentait vachement la sueur et le tabac et le poisson et que ça pouvait peut-être déclencher des vomissements intempestifs.

Tous les regards sont toujours braqués sur toi.
Faut dire qu’il n’y a qu’un seul magazine qui date du siècle dernier et que t’as toujours pas été remplir ton gobelet.

biereAlors tu ne peux plus reculer.
Les toilettes t’appellent.
(précisons que la porte des toilettes donne sur la salle d’attente et que ça résonne drôlement).
Là, une affichette t’apprend comment tu dois faire pipi dans le verre en plastique. Parce qu’il y a une technique.
Le premier jet doit absolument être éliminé dans la cuvette car il pourrait fausser les résultats.
En gros, en plus de faire attention à ne pas te pisser sur les doigts, parce que nous, les filles, on n’a pas un viseur, il faut que tu envoies les premières gouttes dans la cuvette, que tu arrêtes tout et que tu finisses ta besogne dans le gobelet, qui se remplit très vite.
Bonjour le périnée.

Heureusement, ils ont pensé à mettre un petit lavabo pour te laver les mains, après.
Moi, je ne me les suis pas lavées, leur savon n’était pas hydratant.

Quand tu sors, les regards ne sont plus braqués sur toi, mais sur le nouveau venu.
Toi aussi, tu le fixes. Il ne va pas y échapper, lui.

Après une heure d’attente, une docteresse t’appelle, en écorchant ton nom.
Elle te pose plein de questions sur ta famille. Comme si tu connaissais l’état de l’utérus de ta grande tante Ginette (prénom changé).
Puis elle te fait lire des lettres, te demande si tu fumes, te félicite d’avoir arrêté, te regarde et te dit d’aller te peser.

ophtalmo

C’est là que tout a basculé.

Sûre de moi, je suis montée sur la balance, pérorant sur le fait que j’avais perdu sept kilos, que j’étais une femme forte avec une volonté de fer, que je pouvais faire Koh Lanta sans problème, sauf si y a Moundir.
– Docteur, elle déconne, votre balance, comme celle de ma mère.
– Non, elle est très fiable, Mademoiselle.
– Non. Je vous dis qu’elle déconne, comme celle de ma mère.
– Pourquoi ?
– Parce que chez moi, je pèse 13 kilos, et cette pute de balance, elle me dit que je pèse 20 kilos.
– Eh bien, c’est que vous pesez 20 kilos, Mademoiselle.
– Malgré les trois litres d’urine dont je vous ai fait cadeau ?
– Il n’y avait que deux litres, Mademoiselle.

Je te passe l’épisode de l’enfoncement de la balance dans la fente rectale de la docteresse, il y a des âmes sensibles, ici.
Mais sache que son mari m’a remerciée.
Et que la docteresse m’a déclarée apte.

Depuis lors, donc, je suis enfermée dans mon placard.
Personne ne me comprend, puisque tout le monde me dit que ça ne change rien, puisque j’ai bien perdu 7 kilos.
Mais pour moi, ça veut dire beaucoup, ça veut dire qu’il était libre, heureux d’être là parmi nous que je suis partie de beaucoup plus haut et que le chemin à parcourir est encore long.

Heureusement, l’Homme me soutient et m’apporte régulièrement des pizzas et du coca pour que je ne me morfonde pas trop, dans mon placard.
D’ailleurs, je te laisse, je viens de me souvenir qu’il reste un bout de la cinq fromages d’hier dans les poils du balai bleu.

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19 commentaires

  1. Ta tante Ginette (prénom changé : en vrai, elle s’appelle Odette), elle avait un utérus en forme de quoi ? De couille, ce coeur, de cul ou les trois à la fois ?
    Vomis ma grande, vomis, y a que ça de vrai !

  2. mdr, bon en fait j’ai trainé un peu…j’ai été happée par une copine suicidaire (rit pas Genie c’est vrai!) et là lire la suite me remonte bien le moral ^^

  3. Punaise, c’est balaise les visites médicales, chez vous… chez nous, c’est vachement plus light (sans jeu de mot) et la pause pipi, je la fais jamais, j’ai toujours une bonne excuse à la con pour y couper. Depuis, je crois qu’on me soupçonne de me droguer.

  4. Outch, dur!!
    MAIS….. si tu es assez souple pour garder toute ta grâce naturelle en introduisant une balance dans le pompom de ton médecin, c’est que tu es parfaite!
    absolument parfaite!
    tu pourrais y ajouter une deuxième balance pour moi? Steuplé?

    1. @ La mère joie : je vomis, mais comme j’aime pas jeter, c’est pas très bon…

      @ Marie : donne-lui l’adresse du blog, je vais l’aider 😉

      @ Zette : couille, bite, nichon.

      @ Angie : mais si je me pèse toute nue à la médecine du travail, on me déclare inapte

      @ Camille : ha mais j’en mange, hein. Sauce au roquefort, salade de chèvre chaud, raclette, tartiflette.
      Mais ça marche pas.

      @ Sylvie : j’y rentre. Mais j’aime pas la taille marquée sur l’étiquette.

      @ Kahlan : oui. Je pense que ma mère et la connasse de la médecine du travail sont de mèche.

      @ MissBrownie : Oui. Mais promis, elles ne pèsent pas 7 kilos.

      @ Une blonde dans la ville : J’aurais dû dire que j’avais mes règles. Ou pas.

      @ Anicette : D’accord. Son mari t’embrasse.

      @ Anna : quoi ????????????????
      t’es sérieuse ?

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