Je ne vous parlerai pas d’elle

Mamie

Je ne vous parlerai pas d’elle.

De son petit carré impeccable que je lui ai toujours vu, couleur du soleil avec quelques traits de lune si on regarde de près.

De ses magnifiques yeux bleus qui lui ont fait collectionner les compliments avant de lui valoir beaucoup d’angoisses.

De ses sacs toujours assortis à ses chaussures. A sa ceinture aussi.

De son Chanel n°5 qui me fait immédiatement penser à elle quand je le sens sur une autre.

De son placard magique qui renferme des livres, des gâteaux et une odeur familière.

De son écriture penchée vers l’avenir qu’elle pose depuis toujours dans des cahiers qui s’empilent.

De sa petite voix qui m’appelle « Ma Vivi chérie ».

De ses chocolats chauds qu’elle me prépare à chaque fois que j’y passe. Des vrais, avec du cacao et du sucre mélangés dans la casserole en inox.

Des ses appels chaque année, la veille de Pâques,  pour nous dire que nos gâteaux sont prêts.

De ses larmes quand elle me parle de lui, son septième arrière-petit-enfant, à qui elle pense tous les jours et qu’elle n’oubliera jamais.

De son sourire tendre quand mon grand-père râle parce que le repas n’est pas prêt.

De ses bras dans lesquels j’aime me blottir.

De ses raviolis, qu’on aime tellement avec les cousins qu’on a fait un planning pour aller les manger à tour de rôle.

Des parties de Scrabble qu’on n’a pas jouées depuis longtemps.

De son enfance en Tunisie, de sa maman morte quand elle avait huit ans, de sa tante qui l’a élevée.

De sa maison, dont la porte toujours ouverte accueille chaque jour enfants, petits enfants et tous ceux qui veulent passer un bon moment.

De sa joie quand je pousse cette porte.

De ma joie quand je la vois derrière cette porte.

De ses carnets de poèmes dans lesquels je me plongeais des heures, quand j’étais petite.

De son amour pour le bébé-presque-tout-neuf.

Des histoires qu’elle me racontait, le mercredi après-midi. Le roi qui transformait tout en or, la pelote de laine bleue, la princesse au petit pois et d’autres qu’elle inventait.

De ses mains caressant mon petit visage en disant « le front, les yeux, le nez, la bouche, le menton et guili guili ».

De ses aiguilles qui cognent l’une contre l’autre et fabriquent des pulls, des écharpes, des robes, des chaussons, des vestes.

 

Je ne vous parlerai pas d’elle.
Je ne vous dirai pas à quel point elle compte, à quel point je l’aime.
A quel point je voudrais qu’elle soit là encore longtemps.
Toujours.

Je ne vous parlerai pas d’elle, parce que sinon je vais pleurer. Et si je pleure, ma mamie sera triste.

Ginie, petite-fille

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163 commentaires

  1. Purée tu as le chic pour écrire des trucs qui rendent les yeux mouillés….
    Profite. Profite de ta mamie chérie. La mienne m’a quittée quand j’étais enceinte de mes deux petits derniers, elle n’aura jamais vu ses petits enfants au complet.
    Le temps file vite, profitons de chaque instant !

    PS j’adore la posture identique qu’ils ont tous les deux sur la photo <3

    1. Je suis une flippée du temps qui passe, ça me rend malade, j’aimerais tellement pouvoir mettre sur pause pendant que tout le monde est encore là, encore en (à peu près) forme.
      Ca a dû être dur pour toi… Câlins, pour la peine.

  2. c’est bien que tu ne nous parles pas d’elle sinon nous aussi on va avoir les yeux mouillés en pensant à celles que l’on n’a plus … Très belle façon de (ne pas) nous en parler …

  3. quelle belle dédicace à ta grand mère !!! Savoure bien tous les moments que tu passes avec elle !!
    Les miennes ne sont plus de ce monde malheureusement et n’auront même pas vu mes 3 enfants, mais je suis sûre qu’elles sont fières de là haut !!
    <3

  4. Magnifique ! un court instant, j’ai cru qu’on parlait de la mienne ! elles sont si chères à nos coeurs nos petites mamies d’amour <3
    Profite d'elle le plus longtemps possible………

  5. Je n’aurais pas mieux dit pour ma propre Grand mère… Même si aujourd’hui elle ne se rappelle plus de moi, la vie est ainsi faite !

    PS : j’ai pleuré tellement c’est beau !

      1. Dès que je peux, je profite de chaque moment avec elle. On se construit de nouveaux souvenirs et finalement ses sourires et son regard malicieux nous font oublié la maladie !
        je me dis que je n’aurais aucun regret que j’aurais vécu d’autres choses avec elle.

  6. De ses mains caressant mon petit visage en disant « le front, les yeux, le nez, la bouche, le menton et guili guili ».
    on avait le même rituel avec des adjectifs en plus yeux d’argent, menton fleuri,….

  7. C’est beau, ça se lit comme on fait fondre un chamalow dans la bouche. C’est doux, c’est sucré, comme les gâteaux de nos gentilles mamies. Merci Ginie pour cette plume si tendre par moment, si pétillante et pertinente à d’autres… C’est une bel équilibre entre rires et larmes <3

      1. Oh merci et j’ai vu qu’on avait un point commun toutes les deux : on a choisi le même thème WordPress pour notre blog !!! Y’a pas à dire, ça crée des liens alors… Enchantée la feelee 😉

  8. Magnifique ! Vous avez raison de ne pas pleurer, il ne faut pas les rendre triste les super mamies comme la votre ! en attendant moi j’ ai versé ma(mes) larme(s) …
    Il me semble reconnaitre mon joli bassin d’ arcachon sur votre photo ?
    <3

  9. Je voudrais te parler d’elle qui est partie depuis 18 ans et qui me manque tant.
    J’ai encore en tête des moments merveilleux passés avec elle.
    J’aurais tellement aimé qu’elle connaisse mes enfants.

    Le début de ton billet m’a fait peur et mis les larmes aux yeux. Je le termine toujours en larmes mais pas pour les mêmes raisons.

    Bien heureuse que tu puisses profiter de l’aimer. Le plus longtemps possible, je vous le souhaite.
    Une petite fille de 46 ans…

      1. Merci de l’attention que tu as porté en répondant à tous nos commentaires <3

        Ta grand-mère a une petite fille dont elle peut être fière.

        Bisous doux

  10. Pffff…. Comme toujours c’est magnifiquement écrit… J’ai perdu ma grand mère la semaine dernière… Elle est partie sans qu’on s’y attende… Après le choc, les souvenirs sont remontés… Je me suis dit quelle grand mère formidable elle a été malgré le fait que j’ai longtemps été en colère contre elle… Elle a été une arrière grand mère exceptionnelle pour ma fille et je me dis que finalement, je l’aurais aimée ma mamie… Beaucoup plus que ce que je ne pensais…

      1. Merci Ginie… Demain ca fera une semaine et je ne réalise toujours pas… Surement parce que je suis a 800km de ma famille et qu’elle a fait le choix de donner son corps a la science… Je suis super fière du choix qu’elle a fait. Mais ca va être dur de faire notre deuil je pense…

  11. Encore une fois je me retrouve dans tes mots… Et lorsque la peur de la perdre me fait monter les larmes je me dis que j’ai bien de la chance de pouvoir la contempler, ma fille sur ses genoux…

  12. Eh ben ça me serre la gorge. Tu as bien raison de publier cet article, les grands-parents ne sont pas éternels et lorsqu’on ne les a plus on regrette les mots qu’on a pas dit ou pas écrit.
    Ca me fait penser à ma grand-mère pour qui je pourrais écrire comme tu l’as fait mais qui aujourd’hui n’est plus là…
    Encore une fois les moments de partage avec les êtres aimés sont à chérir et savourer plus que tout !

    1. J’ai (trop) conscience de notre mortalité. Ca fait de moi une personne angoissée, mais aussi une personne qui savoure chaque petit bonheur, chaque moment avec les personnes que j’aime. Finalement, c’est plutôt une chance je crois 🙂
      (je suis sûre qu’elle savait tout ça)

  13. Magnifique ! tu as les bons mots pour décrire l’indicible, pour chuchoter tout l’amour qu’on peut porter à une Mamie (ou un Papy), et cette peur qui nous guette de devoir un jour réinventer la vie sans eux. Profite, profite, on ne savoure jamais assez ces moments !!

  14. Evidemment je finis en pleurant …
    Ginie ce texte est magnifique !
    Le lire me rappelle toutes ces choses que j’aimais tant chez ma grand-mère.
    La voir s’affairer en cuisine pour cette famille qu’elle aimait tant et qu’elle mettait tant de coeur à garder unie …
    Ses inégalables croquettes de riz, ses oeufs à la neige, ses matafans …
    Le lait de poule qu’elle nous faisait pour nous réchauffer quand il faisait un peu trop froid …
    La voir dans son fauteuil, devant « Les Feux de l’Amour » qu’elle ne ratait sous aucun prétexte, les mains croisées sur le ventre …
    Son histoire qu’elle aimait nous raconter : Son enfance meurtrie par une mère qui ne l’avait pas vraiment désirée et qui lui en faisait payer le prix, et son bonheur chaque fois qu’elle venait chez sa tante et ses cousins qu’elle considérait comme ses frères et soeurs. La Guerre, son amoureux américain, puis la vie avec mon grand-père …
    La voir pouffer de rire en mettant la main devant la bouche chaque fois qu’elle utilisait un mot pour un autre ou qu’elle mixait deux mots pour n’en faire qu’un (« Dégoulasse » est un grand classique chez nous 🙂 ) …
    Le plaisir qu’elle prenait à nous garder tout l’été … Et avoir 5 à 10 enfants en même temps à la maison n’est pas de tout repos c’est certain …
    La voir faire sa mise en plis après chaque shampoing, et par conséquent, la voir se balader toute la matinée avec ses bigoudis sur la tête …
    Trésor de Lancôme qui, pour moi, n’appartient qu’à elle …
    Le soin qu’elle prenait à entretenir ses lys, ses glaïeuls, ses iris, ses rosiers …
    Tous mes souvenirs d’enfance et de jeune adulte qui sont tous plus ou moins liés à elle.
    La liste est longue encore, et tout ne me vient pas à l’esprit dans l’instant …
    (Et puis surtout tu t’en fous peut-être …)

    La perte de ma grand-mère, de ma Many, il y aura 7 ans le 25 juillet, nous laisse encore, mes cousins et moi, une douleur à vif inexplicable. Le pilier de notre famille est parti et nous a tous laissés un peu orphelins …
    Alors je te souhaite du fond du coeur que ta mamie reste près de toi encore longtemps 🙂

    Bises Gine

  15. Un bel hommage pour une belle femme…je n’ai plus cette chance d’avoir encore mes grands-parents….Profite bien de tous les instants passés avec eux 😉

  16. Ptain tes chiante je suis blindée d’hormones (grossesse je précise) alors déjà que la météo m’émeut alors la … J’ai pleuré et les larmes sont tombées dans MON chocolat chaud 🙂
    C’est beau ce que t’écrit je veux dire c’est vraiment beau
    Bisous à ta mamie parceque les mamies j’aime les biser

  17. Et paf ! Tout revient d’un coup à cette belle lecture remplie d’amour. Les bonbons qu’elle nous jetait du haut de son balcon, suivi de nos rires à mon frère et moi… tout ces moments magiques…
    Bravo pour tes mots et cette belle déclaration.

  18. Profite bien de ta grand-mère, elle a l’air géniale, tu as beaucoup de chance de l’avoir (comme elle a beaucoup de chance de t’avoir) ! Je pense que c’est elle qui risque de verser quelques larmes en lisant ton billet… Elle t’appellera sans doute pour te remercier de cette émouvante déclaration d’amour et vous pleurerez toutes les deux comme des madeleines et ce sera un merveilleux souvenir -un de plus- gravé dans vos mémoires. Des bisous.

  19. Ayé je pleure… Ma manine, elle est partir y’a même pas un mois.
    Je redoutais tant ce moment.
    J’avais écrit un article sur elle et mon Papi aussi (http://laviedeselky.fr/selky-ecrit-papi-manine/) : Presque 70 ans de mariage, et autant de jours passés côte à côte tous les 2 main dans la main.
    Il tient encore le coup, mais jusqu’à quand. il est tellement perdu sans elle…
    Je vais chercher un kleenex…
    Bises et profite d’elle ! A fond !! Et ton pti bout aussi !!

      1. Merci d’avoir pris le temps de nous répondre à toutes Ginie, et merci d’avoir lu mon texte. Je pleure aussi à chaque fois que je le lis. Je l’ai imprimé et il est « parti » avec elle, avec les dessins de mes enfants. Je ne pouvais pas parler ni faire autre chose ce jour là…

  20. Ce billet est magnifique, »Elle » est magnifique.
    Mes enfants sont très proche de leur mamie (ma môman) et je crois qu’adultes ils auront, comme toi tissé ce lien indéfectible.
    Bises

      1. non, au contraire.
        Je prends le train demain, pour pouvoir profiter de 2 semaines avec ma mamie.
        J’ai tellement besoin de la voir. Mais aucun moyen d’y aller. Mes tantes se sont cotisé pour me payer le voyage, a moi et a mes 3 loulous <3
        Ton texte m'a projeter a demain soir, quand, enfin, je pourrais lui presenté son 3eme arriere petit fils. Et ses larmes de joies qui couleront sur nos visages <3
        Quand on pourra passer du temps ensemble. Quand je la regarderais nous faire a manger, et en particulier ses petites madeleines (qu'elle ne rate jamais, et que je n'ose pas tenter, parce que ce ne sera jamais pareil que si c'est elle qui les fait). Quand elle ralera parce que je n'habille pas assez chaudement les loulous pour sortir (ok c'est dans le nord, mais quand meme…)
        Merci pour ces mots <3

  21. J’en ai les larmes aux yeux. Je n’ose même pas imaginer quand ma grand mère partira c’est la personne la plus importante dans ma vie avec ma mère. Elle m’a élevé et m’élève encore du haut de mes 22 ans. Je passe des heures et des heures à lui parler au téléphone quasiment tout les jours, quand je vais chez elle et que je rentre en train chez moi, je pleure parce que je ne veux pas la laisser seule. C’est ma grand mère mais c’est aussi ma confidente et ma meilleure amie, je lui dis vraiment tout et quand je ne vais pas bien, c’est elle qui arrive à me consoler. Enfin bref une mamie c’est une personne en or. Ton article est vraiment très beau et je ne pourrais dire mieux de la mienne. Bisous ?

  22. J’aime beaucoup cet article, à la fois pudique et plein d’amour, de tendresse, d’émotion. A chaque fois que je viens lire un article, je tombe sur ceux là, écrits avec le cœur et bien plus encore, qui me collent un sourire sur mes lèvres et quelques larmes sur les joues.
    Merci pour ces beaux partages 🙂

  23. C’est tellement émouvant de lire de si merveilleux mots d’amour pour une Mamie qui vit encore. Tant de personnes attendent ( peut être par pudeur…) que leur proche ait disparu pour faire de telle déclaration d’amour . Ginie, vous me semblez être une bien belle personne. Je ne regrette pas de vous avoir connue grâce à ma petite belle fille. Merci à vous, pour vos si touchants billets.

  24. C pas gentil, mes mamis me manquent, papi aussi et je n’arrête plus de pleurer… Ton texte est magnifique et tellement significatif. Merci

      1. Oui, j’ai une mémé d’adoption 😉 . Elle, quand elle partira, je pleurerai très très très fort. Ou pas, parce qu’elle ne le voudrait pas. Et je lirais « au revoir blaireau » pour me consoler. Parce que elle, elle me laissera plein de choses à garder au chaud dans mon coeur.
        Mais crotte quand même pour ma « vraie » grand-mère …
        Et dans l’autre sens, je découvre mes parents en super grands-parents, et ça me remplit de joie pour le gnome 😉

  25. Merci pour ces jolis mots touchants !
    Je ne suis pas la seule à regretter de ne plus avoir ma Chère Mamie près de moi et c’est très émouvant de lire les comms des autres ce soir…

    Merci !

  26. J’ai lu, j’ai pleuré, j’ai fermé les yeux… Et j’ai vu son visage tout de bonté, de générosité… Et j’ai senti la douceur de sa peau, la tendresse de ses baisers… Et j’ai humé les bons petits plats, les gâteaux au citron du mercredi après-midi, la terrine de foies de volaille qu’elle me laissait préparer avec elle… Et j’ai entendu « Le temps des cerises » qu’elle fredonnait en repassant…
    Vingt-trois longues années… Et pas une journée sans que je pense à elle, sans que je ressente le manque d’elle, sans que j’aie besoin de sa réconfortante présence à mes côtés…

    Qu’est-ce que ça serait si tu avais choisi de nous parler d’elle…..

    Bises, belle et émouvante Ginie !

    *

  27. Ma gorge se serre et mes yeux piquent…L’une de mes mamies est partie depuis 13 ans, et je pense toujours autant à elle…elle est la première à qui j’ai pensé quand mon grand a eu son bac il y a quelques jours, elle est celle avec qui ça m’a terriblement manqué de ne pas pouvoir le partager. ..elle me manque chaque jour ô combien…Elles sont si précieuses nos mamies, et quel que soit notre âge nous sommes toujours les petites filles de nos grand mères. ..Profite bien de ta mamie, j’ai la chance malgré tout d’en avoir encore une, que j’aime beaucoup beaucoup, mais avec qui il n’y a pas ce même lien si profond et indéfinissable. ..

    1. Je comprends ce que tu veux dire, j’ai encore mes deux mamies mais ce lien avec elle est incomparable. Je suis très touchée par tes mots, parce que je crois que je serai comme toi. J’en suis déjà malade à l’avance, c’est dire… Mais j’essaie de profiter sans y penser, ça arrivera bien assez tôt…
      Merci.

  28. profite d’elle le plus longtemps possible … j’ai eu la chance d’avoir la même, et elle me manque. Mes enfants n’ont pas eu la chance de la connaitre, mais je leur en parle souvent

  29. C’est beau ce que tu écris. Malgré mon jeune âge je n’ai pas eu la chance de construire ces souvenirs. Je suis née trop tard. En revanche je fais tout pour que le petit koala connaisse ça, pour qu’il en profite, et pour que eux vivent aussi leur rôle à fond.

    Des bises à ta mamie et que cette liste de souvenirs s’agrandisse encore et encore!

    1. Arf, c’est la raison pour laquelle mon plus grand regret est d’avoir eu mon fils si tard, j’ai peur de ne jamais connaître mes petits-enfants, ou d’être trop âgée pour en profiter longtemps.
      C’est chouette ce que tu fais pour ton fils <3

      1. Tu sais, mes parents m’ont eu à 40 ans. Alors certes je n’ai pas connu mes grands parents mais par contre mes parents connaissent mon fils et en profitent énormément. Bien sûr ils ne l’emmèneront pas coucher sous la tente mais ils lui apprennent à jardiner, à nager, à peindre. Mon père montre à ses petits enfants (ils en ont 7 en tout) la 2CV qu’il remet en état etc.
        Alors avec l’âge les souvenirs sont différents mais tout aussi précieux !

  30. Quel talent pour les portraits…tu as une plume incroyable !
    Mes grands-parents sont partis bien trop tôt mais j’ai profité de leur présence et de leur amour, ils sont encore un peu avec moi, comme tous ceux qu’on aime un jour.

    Longue vie à celle dont tu nous ne parleras pas !

  31. Très touchant. C est tellement important d avoir encore ses grands parents et je vois que votre mamie est génialissime
    Que j aimerais que mes mamies soient encore la ):

  32. Quelle jolie note pleine d’émotion… Tu as vraiment le don de nous embarquer dans tes sentiments les plus intimes et à travers tes mots, on se reconnait toutes un peu… Chapeau!!
    Si tu montes un club des angoissé(e)s du temps qui passe, j’en suis. Pire…je fais partie de celles qui souhaiteraient l’impossible: Non pas arrêter le temps mais le remonter pour retrouver tous ces moments perdus à jamais. ( il est vraiment horrible ce mot « Jamais!! ») Bonne continuation avec ta chouette Mamy!! 🙂

  33. L’espoir de ressembler un jour à cette douce et joilie femme-maman-mamie attenue le sentiment de jalousie qui m’a saisi en lisant ton post …. Ma grand mère était plutot du genre à nous fouiller en sortant de chez elle pour être qu’on lui avait pas piquer un truc….

  34. C’est trop dur… J’ai lutté, lutté, lutté… et j’ai pleuré… Vos mots me touchent et me rendent les souvenirs d’enfance, que j’ai enfoui au fond de moi en grandissant, à mon grand regret… Dieu que je l’aime, ma Mamie !!! Merci de ce magnifique rappel…

  35. Ton texte est magnifique !!!
    Moi aussi j’ai une nonna une sicilienne au caractère bien trempé ! Elle ressemble beaucoup à la tienne à quelques détails près, elle a tout sauf une coiffure impeccable et a toujours revendiqué son côté « paysanne » comme elle le dit si bien !
    Comme toi j’espère qu’elle va rester encore longtemps même si cette foutue maladie lui a complètement volé sa mémoire sa parole et sa joie de vivre …
    Et même si je ne la reconnais plus beaucoup il y a une chose qui reste c’est l’amour qu’elle porte à mes enfants <3

  36. Ma mémé à moi avait la beauté gitane et roulait les « r ». Elle sentait bon le vin et les fruits rouges. Elle m’appelait mon petit et me faisait sentir la reine du monde. Elle nous inventait des piscines dans des bassines en zinc. Elle nous racontait des histoire de son hôtel, de chauve-souris et des ancêtres. Elle nous interdisait d’aller nous jeter depuis les bottes de paille dans la grange. Elle nous enlevait les brins de pailles quand on revenait d’avoir fait les fous dans la grange. Elle faisait semblant de nous gronder. Elle nous emmenait au cimetière porter des glaïeuls sur la tombe de sa petite partie trop tôt. Elle a eu une vie difficile ma Mémé. Elle n’était qu’amour et tendresse. Nous n’avons pas pu lui dire combien elle comptait pour nous et combien nous l’aimions à temps. Cette saloperie de maladie lui interdisait de se souvenir de qui nous étions.
    Je pense à elle tous les matins en regardant sa photo avant de partir au travail. Mais je ne te parlerai pas d’elle car je vais pleurer.
    Avoir sa grand-mère quand on est adulte est une chance formidable. Je vois bien que tu en est consciente. Profite, profite, profite.
    Des bises.

  37. Oh que c’est joli….
    Ma mamie a moi nous préparait le petit-déjeuner sous les platanes pendant 3 semaines, l’été, avec des fruits frais et son joli service. Elle se levait tôt pour tailler ses rosiers et nous faire de jolis bouquets qui sentaient bons. Elle sentait la poudre de riz, et se pomponnait toujours pour sortir, nous faire des bisous qui marquent… Elle nous appelait « Ma Nine », ma cousine et moi, en nous carressant la joue. Elle nous prêtait son vernis rose qu’elle ne mettait jamais (je la soupçonne de l’acheter uniquement pour nous…). Elle nous achetait des glaces, que l’on mangeait sur la terrasse, l’été, en regardant « Angélique Marquise des Anges » ou « Intervilles ».

    Puis, ma mamie a moi a oublié, tout doucement, toutes ces petites choses qui faisaient son quotidien, et elle est partie il y a deux ans, un beau matin d’avril rejoindre mon grand-père que je n’ai jamais connu. Elle est allée s’asseoir sur un nuage, avec sa jupe crayon, son chemisier blanc, son petit gilet et son sourire qui se reflète aujourd’hui sur les lèvres de ma maman…

    Merci Ginie, de nous faire partager ces petites choses si magiques avec ta grand-mère. Profites en bien, et un jour, pense à moi en mangeant ses raviolis, parce que ma mamie me manque beaucoup…
    (et plouf, des larmes… Moi qui ne voulais pas pleurer, je suis gênée de laisser quelques traces mouillées sur ce commentaire…)

    Bisous

  38. De rien, chère Ginie, simplement le fait de partager ces souvenirs la fait revivre encore un peu plus fort dans mon petit coeur de guimauve…

    Tu sais, dans notre tout nouveau chez nous (nouveau de 10 jours!), j’ai mis une photo de famille, et elle est là. C’est une vieille photo, celle de mes 20 ans (huuuu plus de 10 ans!), mais on est tous là, avec le sourire, avant ses pertes de mémoires.
    [ Satanées larmes! ]
    Et ma fille (presque toute neuve, 10 mois et 3 jour ;D) qui rit à mes côtés, qui me rend heureuse, ça efface mes moments tous gris (et fait sécher mes larmes…)

    Merci mille fois Ginie, parce que ton blog mets des étoiles dans mes yeux, des paillettes dans mon ptit coeur, c’est mon ptit plaisir! Merci du fond du coeur!

    Énormes bisous

  39. Merçi pour ce billet émouvant, qui me plonge dans la nostalgie de ma vie d’avant et même plus, d’avant-moi !

    Mes grands-parents sont une légende, un conte des mille-et-une-vies bâti sur des albums de photos fanées et des anecdotes distillées trop rarement par nos parents, pudiques, ou réticents à s’épancher à cause de leur peine encore vive.
    C’est qu’ils sont partis trop tôt pour que je les connaisse…

    Alors nous avons comblé les blancs entre leurs petits gestes, décrits avec les yeux lointains, leurs phrases favorites révélées comme des secrets, et leurs péripéties pas banales sorties d’un film à suspense.
    Une broderie effacée et rafistolée avec l’imagination d’un enfant devient vite une épopée aux personnages exceptionnels !

    Ils m’ont toujours manqué. Ce lien nourrissant et rassurant sur lequel tu peux t’appuyer, t’enraciner dans le terreau ancestral est inexistant. Je crois qu’ils peuvent te porter une attention différente, t’apprendre les choses autrement et comment dire …, ils relativisent ou du moins t’éclairent sur ta lignée et les relations à tes parents, même sans le vouloir, et c’est précieux .

    MAIS, j’en ai adopté !

    D’abord Il y a eu notre nounou, amie de ma grand-mère, qui est restée jusqu’à ce que le dernier soit assez grand pour qu’on puisse attendre seuls à la maison le retour tardif de papa-maman .
    Elle nous dispensait des mots doux dans toutes les langues, accompagnés de gros bisoux poudrés. Ses mules à talons compensés claquaient dans les pièces (eh oui, la mode est cyclique!) et elle sortait toujours châpeautée. Elle avait fort à faire avec cette ribambelle bien turbulente pour une vieille dame qui ne saisissait pas tout.
    Des ptits gâteaux sortaient des poches de son tablier par magie, au bon moment, pour sécher les larmes de l’un ou calmer l’autre. Plus tard, après l’école, j’aimais passer la voir, seule, là où elle les fabriquait et elle me montrait ses trésors de jadis, rangés dans des boîtes en fer blanc.

    Ensuite nous avons connu  » mamie-piano  » au chignon élégant, cranté et bleuté. Elle souffrait à chaque fausse note et son air découragé à l’écoute de nos exploits nous rendait honteux, jusqu’à la leçon suivante où nous n’étions pas beaucoup plus préparés ! .
    Mais la musique l’habitait et elle ne se lassait pas d’expliquer la beauté, la richesse des émotions et des paysages qu’exprimait le compositeur, pour nous les transmettre à travers les partitions (une pédagogie sensible). Ses sucres d’orge récompensaient généreusement nos moindres progrès. Elle était si affectueuse et tolérante, que je n’ai pas assez apprécié ma chance de l’avoir comme professeur. Les exercices délaissés et mon adolescence rétive ont mis fin à cette activité. Quels regrets maintenant ! .

    Et Il y a eu aussi notre  » fausse mamie  » qui nous accueillait l’été avec ses vrais petits-enfants dans sa maison sur la colline en face de l’église, pendant toute ma première enfance. Elle n’était pas très expansive mais me laissait libre de faire ce que je voulais, se fâchait seulement pour les genoux écorchés sur les pierres du chemin (petits galopins !), qu’elle tamponnait largement de Mercurochrome, car elle devrait rendre des comptes !.
    Elle faisait sonner la cloche du perron : » à table ! »
    Quand on lui rapportait des truites fraîchement pêchées dans la rivière, des framboises sauvages (qui nous barbouillaient déjà les joues), les premières girolles des sous-bois … elle les transformait aussitôt en régal parfumé. Je me souviens de son incroyable fourneau en fonte doté de rondelles concentriques qu’elle déplaçait au bout d’un long crochet pour en régler la chaleur, il devait avoir vu cinq générations celui-là !
    La saveur de son clafoutis aux cerises noires éveille encore mes papilles…Unique , jamais retrouvé !
    Mes parents, qui nous rejoignaient vers la fin des vacances, la vouvoyaient et lui adressaient des  » Madame L. » à tout va. Ils se parlaient très poliment .C’était bizarre, parce que nous, on l’appelait Mamie !

    Ce sont elles qui m’ont fait ce beau cadeau d’être tout de même un peu une petite-fille, durant quelques années …

    Depuis, d’autres  » m’amies  » ont croisé ma route . Je ne les cherche pas , je les trouve !, des clins d’oeil de là-haut je suppose.

    Finalement après ce partage, je me sens emplie d’elles et des vôtres à toutes, et leur absence m’est plus douce. Merçi encore !

    🙂

  40. Ouh la! une longue page pour mon premier comm chez toi!, je te lis souvent mais cette fois j’ai osé, c’était irrépressible. Au fur et à mesure j’ai vu ressurgir tant de souvenirs que j’aurais pu encore continuer , tu nous fais du bien! on ne nous enlèvera pas ce qu’on a vécu et ça réchauffe le coeur…

  41. moi ma mamie c’était un peu comme ma 2ème maman, que j’ai perdu à presque 6 ans. c’était sa maman à ma maman. Elle était lorraine, avec son accent, elle me prenait pour les vacances. Quand je me levais le matin, ça sentait déjà bon dans la cuisine ! Sur la cuisinière à charbon, y’avait déjà un petit plat qui mijotait pour midi… Ses armoires sentaient bon la lavande et elle me prêtait ses chemises de nuit, toutes douces, beaucoup trop grandes pour moi… j’adorais l’embrasser dans le coup, elle sentait bon et sa peau était toute lisse. Elle faisait sembler de raler en me disant « les caresses de chien, ça donne des puces… ». Elle ne savait pas recevoir de l’amour, elle n’en avait pas eu … Elle a perdu sa maman a 7 ans elle aussi, et a élevé tous ses frères et soeurs. Elle n’a pas eu une vie facile ma pénette, ou c’est comme ça qu’on l’appelait. Elle m’emmenait avec elle au jardin cueillir les haricots, après on passait des heures à les équeuter et à les mettre en bocaux… On discutait de tout et de rien… Plus tard, elle me laissait avoir des copains, et les invitait à manger à la maison, alors qu’avec mon père c’était formellement interdit ! Elle m’a quitté j’avais 22 ans, et quand j’étais chez moi, dans mon studio, je me disais « tiens je vais appeler mamie » et très vite je me souvenais : « ha non, c’est vrai, elle est morte… » J’ai 46 ans et c’est toujours aussi dur d’en parler, sans que la voix déraille…. ça m’a fait du bien de partager ça avec vous.. ça faisait longtemps que je n’en avais pas parlé de ma pénette…

  42. Je suis tombée par hasard sur ton article, j’étais pas bien aujourd’hui.. Sans savoir pourquoi… Et voilà j’ai lu ton article et j’ai explosé en sanglots.. J’ai perdu ma mamie dans un tragique incendie en décembre dernier, et pour moi elle est tjs la. J’realise tjs pas. Je dis a qui veut l’entendre de profiter, de bcp profiter. Elles partent tjs trop vite.
    J’arrive plus a me souvenir du son de sa voix et ça fait mal, si mal.

    On a jamais assez de temps avec elle, alors profites autant que tu peux, en son honneur.

    Merci d’avoir soulagé mon coeur un peu trop sensible 🙂

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