Jour 15

Chère mamie 15
Chère mamie, il faut que je te parle d’eux.
Il y a le petit, celui qui a les cheveux presque aussi gros que le coeur. Câlin, sensible et droit, il ne veut pas aller au zoo car les animaux en cage lui font de la peine, il a pleuré quand la pelouse a été tondue, parce que les fleurs avaient été coupées, il a refusé de laisser jouer l’enfant-presque-tout-neuf à un jeu réservé aux plus de six ans.
Il y a le grand, patient, généreux, drôle. À sa mère qui lui dit qu’il pouvait nous accompagner aux courses s’il le souhaite, il répond qu’il peut aussi sauter d’une falaise s’il le souhaite. Il parle peu, mais sa voix douce ne sort jamais en vain.
Et puis il y a elle. Serena. Qui cuisine les pâtes comme personne (à part toi, bien sûr), qui ne supporte pas la chaleur mais dort avec son sweat à capuche, qui me donne des coups de pied dans les tibias parce que SOI-DISANT je ronfle, qui nourrit les oiseaux blessés avec son petit doigt (après avoir failli les tuer avec une fourchette), qui connaît toutes les chansons pourries que je chante, qui retient ses larmes devant un coucher de soleil, qui retient ses peurs devant ses enfants qui se jettent dans le toboggan, qui est belle, encore plus dedans que dehors.
Elle était bien, cette semaine avec eux. Elle était simple, elle était évidente. C’est toujours risqué de partir en vacances avec d’autres personnes, on peut être déçu, le quotidien peut être un révélateur d’incompatibilités. Là, il a révélé que je veux passer les cinquante prochaines vacances avec eux.
Ce matin, après avoir rendu les clés, j’ai dit à Serena qu’on n’avait qu’à faire comme si on se revoyait demain. Elle a dit d’accord, on s’est fait un petit câlin, tacite compromis entre celle qui ne fait jamais de câlin et celle qui pourrait en faire toute la journée, on a essuyé nos lunettes de soleil, on a serré les dents en regardant nos tout petits se serrer maladroitement dans les bras, et puis on a repris nos chemins, la tête pleine de souvenirs et le coeur un peu plus gros.
Je te les présenterai un jour, mamie, je sais que tu les aimeras.
Gros bisous à toi et à papy.

Ginie

Ps : rendez-vous fin août pour de nouvelles cartes, j’espère qu’elles t’ont plu
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6 commentaires

  1. Bonjour 🙂
    Dire que je suis arrivée ici juste parce que je cherchais des infos sur les f@tboy et autres gros poufs… Quelle surprise de réaliser que derrière la plume de ce blog rafraîchissant se cache la même plume qui m’a fait passer de merveilleux moments de lecture 😮 8)
    Plume découverte avec « Tu comprendras quand tu seras plus grande », que j’ai tellement adoré que je l’ai déjà prêté 2 fois et offert 3 fois (véridique!!). Mon fiston de 4 ans vient même de reconnaître la couverture 😀
    Merci pour tous ces jolis mots.

    1. Complément, j’ai lu « Le premier jour du reste de la vie » pendant les vacances: top!!
      Juste pour ne pas faire raler le banquier, je vais attendre que le nouveau sorte en poche… ou alors je vais essayer de convaincre la bibli d’investir…
      Merci, et bonne continuation sur cette jolie voie 🙂

  2. Je viens de finir « Tu comprendras quand tu seras plus grande », un grand bravo ! J’aimais déjà votre belle plume, drôle et emouvante, découverte sur votre blog. J’ai maintenant hâte de lire vos autres romans. Merci !

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