La peur, ma colocataire

Ce soir, en prenant le bébé-presque-tout-neuf sur mes genoux, j’ai remarqué une boule sur sa nuque. Une grosse boule, du genre que je n’aurais pas pu louper si elle avait été là avant.
Sa nuque, je la connais par cœur, comme chaque centimètre de son petit corps. Je la caresse jusqu’à voir ses épaules se lever sous cette sensation étrange que procurent les chatouilles, je l’embrasse, je souffle dessus, je la photographie, même, parce qu’on y voit cette petite tache de naissance, la même que la mienne, qui sera bientôt recouverte par ses cheveux.
Si cette boule avait été là avant, je l’aurais vue. Alors ce n’était pas normal.

Le signal est passé par mon cœur avant d’atteindre mon cerveau. Mauvais trajet, très mauvais trajet, c’était trop tard pour me raisonner. Les mains tremblantes, j’ai scruté, tâté, comparé cette boule. J’ai essayé, je le jure, de relativiser. Ca pouvait être mille choses : un choc (non, je l’aurais forcément vu), des ganglions dus à une petite infection (non, pas d’un seul côté), une allergie (non, pas crédible), une piqure d’insecte (non, ça n’aurait pas fait une boule), un truc grave (oui, fatalement).

J’ai dit « on va aux urgences » au mari-presque-tout-neuf.
Il a dit d’accord et il a commencé à préparer le sac à langer. Je me suis levée pour l’aider. Mes jambes tremblaient, tout mon corps était contracté. Je crevais de peur.
Le bébé-presque-tout-neuf regardait ses jouets et se marrait. Aucun signe extérieur de truc grave. Pourtant, je grelottais.

Pendant tout le trajet, j’ai passé des coups de fil. Ma sœur, ma cousine puéricultrice, une copine. Je cherchais celle qui me dirait « ah mais oui, mon fils/ma fille a eu ça, c’est rien du tout ! ». Mais non, elles n’ont pas dit ça. Alors j’ai continué à grelotter.

Aux urgences, ils m’ont demandé la carte vitale, la carte de mutuelle, le nom du bébé-presque-tout-neuf. Je leur ai donné ma carte vitale, ma carte de fidélité Carrefour et mon nom. L’infirmière m’a demandé si ça allait, je lui ai dit que oui, que j’avais juste un peu peur. Mais je grelottais.
Il y avait du monde, dans la salle d’attente. Plein d’enfants malades. Plein de parents qui grelottaient.

J’ai donné à manger au bébé-presque-tout-neuf, je l’ai changé, je l’ai fait rire, j’ai ri avec lui. On met un masque sur notre inquiétude, pour que lui n’aie pas peur. Parce que finalement, c’est ça le pire. La peur.

Puis ça a été notre tour. Quand elle a appelé son prénom, j’étais tellement pressée de savoir enfin que j’ai failli courir vers elle en oubliant le bébé-presque-tout-neuf. Elle a vu que je grelottais, elle m’a dit que ça allait aller. Je lui ai dit « je sais ». Mais je savais pas.
Elle l’a examiné. J’ai retenu mon souffle. Elle a dit qu’il n’avait rien, que ce n’était pas un ganglion, à priori pas un coup non plus, peut-être une piqûre d’insecte, mais vraiment rien d’inquiétant.
Je me suis mise à pleurer, sans grelotter.
Elle a posé des questions, pour remplir le dossier.
Son âge. 8 mois et 3 semaines.
S’il prenait des médicaments. Aucun.
S’il avait des allergies. A priori aucune.
S’il avait des frères et sœurs.
Quand je lui ai répondu, elle a compris. Et moi aussi.

Putain de merde, je suis marquée au fer rouge.
Il y a du mieux, certes, parce qu’il y a encore deux ou trois mois, je n’envisageais QUE le pire au moindre truc bizarre. Maintenant, j’envisage aussi la possibilité que ce ne soit rien de grave. Ce soir, j’avais même envisagé la possibilité qu’on rentre à la maison dans la soirée, rassurés. Mais l’appréhension de la mauvaise nouvelle, du couperet, du truc qui fait basculer ta vie en enfer est encore bien présente et il va falloir que je m’en défasse. Pour lui, avant tout, pour moi, pour nous.
Toutes les mères que je connais sont angoissées. Je n’ai pas la prétention de l’être plus, mais peut-être que je gère moins bien ces angoisses. Parce que même si, dans la salle d’attente des urgences, personne n’a vu que je grelottais, même si le bébé-presque-tout-neuf n’a vu que mes sourires, j’avais le cerveau en ébullition, le cœur en compote et un immense trou dans le bide. La peur, elle s’appelle. Et je l’aime pas, elle.

Alors je vais y travailler.
Je dis pas que je vais arrêter d’envisager le pire, parce que de toute manière, maintenant que je sais qu’il peut arriver, il y a toujours une petite place pour lui, au cas-où. Comme si ça pouvait adoucir la sentence.
Mais je vais diminuer l’importance que je lui donne. Et je vais me rentrer dans la tête que tout va bien aller et qu’un jour mon fils me mettra en maison de retraite. Je lui rappellerai alors qu’un soir, aux urgences, il y a fort longtemps, j’ai grelotté de tout mon être pour cette petite bouille que j’aimais plus que ma vie.

Ginie, sur la bonne voie
(mais c’est pas gagné gagné)

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138 commentaires

  1. Tag… Troubles de l’angoisse généralisée + quand la peur rencontre la réalité un jour, que le pire que l’on passe sa vie a envisager pour un oui ou pour un non est vraiment la. Je connais tellement ça aussi… Vivre avec, rien d’autre a faire. Je suis pareille, j’en ai fait mon colloq aussi. Et essaie de faire mon possible pour ne pas ennuyer mon bébé tout neuf avec ça… Et quand tout va bien, quand le colloq s’absente… Savourer la vie sans lui. Courage !

  2. Tu as fais preuve de courage ce jour là, puisque Bébé-presque-tout-neuf n’a vu qur tes sourrires. Je m’angoisse au moindre petit problème rencontré par mes enfants, je ne peux que toucher du doigts ce que ça peux remuer en toi… Ca ira Ginie, ton fils te mettra Surment en maison de retraite 😉

  3. Ooooh chère Ginie……….comme je te comprends, comme je t imagines dans la salle d attente croyant que personne ne sentait ta peur, ton angoisse, essayant de masquer ton trouble…ne pas refouler, en parler c est bon et ne pas hésiter à faire comme vous l avez fait aujourd hui, aller aux urgences….
    Si j ai un conseil à te donner, tu le mets sûrement déjà en pratique, c est de parler à ton bébé de tout ceci, encore et encore, lui dire que tu as peur, qu elle est là mais que tu travailles pour prendre le dessus et qu il ne faut pas que cela lui fasse peur à lui aussi, qu un jour tu seras plus sereine mais que cela prend du temps……..courage et bises….

    1. Oui, je lui parle énormément, je lui explique les situations, mes peurs, tout ça. Je sais que ça aide, mais je veux quand même réussir à mieux gérer tout ça, pour lui. Je ne veux pas qu’il soit aussi flippé que moi.
      Merci Dlf, j’espère que tu vas bien.

      1. Tu vas y arriver, je te fais confiance….
        Merci de prendre de mes nouvelles, j essaie de sortir la tête de l eau, pour moi et pour mes petits, comme toi pour ne pas leur faire porter de fardeau.
        Comme toi je leur ai parlé, je leur parle, mais comme toi je vais travailler sur moi, comme je l ai lu dans un commentaire très juste, pour qu ils perçoivent dans mon regard plus de sérénité que de nuages noirs…….. Tout un programme….. Plein de bises ensoleillées à toutes et tous !

  4. Je crois qu’on est toutes passées par les urgences un jour ou l’autre, pour en ressortir plus avec l’air ridicule qu’avec des prescriptions médicales! On va faire une nouvelle génération d’hypocondriaques…

  5. je me reconnais tellement dans cette histoire….
    moi la premiere fois aux urgences cetait quand lenny est tombe de sa chaise haute.. la peur de ouuuuf
    pleure bien sur, plus clope sur clope …vraiment le moment ou tu te dis est si cetait grave oh bordel!!!!!!!!!
    enfin moi aussi sa ne lavais pas traumatise puisque il avait trouve le moyen de charmer le personnel et de rigoler!!
    cest sur que je suis pas prete doublier aussi!!!
    je pense que cest sa aussi de devenir une maman!!

  6. courage Ginie ! je me reconnais aussi dans tout ça. Ça me gâche la vie depuis des années. Depuis qu’on m’a dit un matin d’octobre que mon bb1 ne survivrait pas à 7mois de grossesse. Bb2 a 6ans et bb3 a 8mois et 2 semaines et je suis morte de peur trop souvent. On peut se dire qu’on travaille la dessus en même temps ;-). C’est mal parti : nuit blanche pour cause de bébé fiévreux (38°c hier soir) 🙁 contente que ton fils aille bien 🙂

  7. C’est pas facile de la gérer cette P….. de peur!
    Parfois ça me prends aussi à envisager le pire alors que ce n’est rien en plus je suis infirmière donc j’imagine la suite du pire, le récidive enfin bref on va pas se faire peur!!!
    Je crois que c’est aussi ça hélas d’être parent c’est d’avoir toujours peur pour eux .

  8. Mon 2 eme à eu cette boule au ras des cheveux ds la nuque , il y avait même un petit bleu dessus.
    Ça a mis longtemps mais elle est partie.
    Et gonflait même un peu qd il était malade.
    Bisous bisous

  9. Le peur … Je vois tous les jours des gens qui ont peur pour leurs proches et d’autres qui ne prennent pas conscience de la gravité de la personne qui est hospitalisée ou reste dans le déni, c’est difficile, chaque personne réagit différemment, selon son caractère et son vécu, mais je pense qu’avec un enfant ce doit être différent, je ne sais pas si j’arriverai à me contenir, même si je sais que lui ne doit pas ressentir cette peur. Je trouve que tu as été courageuse de ne rien laisser paraitre malgré ton angoisse bien compréhensible 😉

  10. BDA a exactement la même chose!!! Je suis tombée dessus un jour alors que je lui massais la nuque, 2 petites boules de chaque coté… j’ai foncé chez le docteur qui m’a dit tout pareil que toi!
    A 2ans et demi, les boules sont toujours là, et rien d’anormal chez BDA n’est apparu alors…
    Si un jour tu sais ce que c’est, tu me fais signe! 😉

  11. Je crois qu’on a toute eu un jour une angoisse irraisonnée pour nos enfants. Quand ils grandissent (car les miens sont de grands ados), l’angoisse et la peur sont différentes mais finalement c’est plus ou moins la même chose.
    Ma fille est sortie récemment, en boite pour la première fois. Retour en taxi, donc pas de souci … enfin presque ! Je ne l’ai pas entendue rentrée (avant l’heure prévue). J’ai angoissée pendant une heure en imaginant le pire avant de me décider à vérifier son lit. Où elle dormait posément. Tout le monde a été étonné que je ne l’ai pas fait plus tôt. Parce que c’était logique. Mais cette crainte là était tout sauf logique.
    PS: pour la petite boule, mon fils a eu pareil, tout petit. Il l’a toujours. Elle gonfle un peu quand il est malade, elle s’est un peu atténuée, mais elle est là. Et il va magnifiquement bien

  12. ha Ginie, t’es billets qui me font rire, tes billets qui me font presque pleurer, et celui-ci : l’angoisse de la maman, cette pu—n de trouille qui ne partira jamais.
    Je suis rassurée pour cette histoire de boule, mon presque troizan en a une aussi et après moultes visites chez divers pédiatres et généralistes la seule réponse est : rien de grave.
    Allez, courage, et le prochain billet il doit nous faire rire.

  13. Hier encore je pleurais à chaudes larmes devant une émission parlant naissances et tout le tintouin et je revivais le drame de ma vie… et alors j’ai pensé à mon fils qui dormait dans sa chambre à coté de la mienne et la peur m’a envahie…. cette peur qui ne nous quittera jamais mais s’atténuera tu verras…. un jour…..

  14. Je n’ai pas vécu ce que tu as vécu, alors forcément, c’est difficile de comparer.
    Mais ce que je voulais te dire, c’est que l’angoisse n’est pas une fatalité et que ça « se soigne », surtout en allant en parler avec qui de droit.
    Je ne crois pas qu’il y ait un concours de mère angoissée. On l’est toutes, c’est exact. A des degrés variés cela dit.
    Quand j’étais enceinte, j’ai cru que je serai une mère angoissée. Parce que je les attendu 2 ans, parce qu’on nous avait dit que nous n’aurions jamais d’enfant, parce que j’ai passé ma grossesse alitée à tenter de faire rallonger mon col (très mauvaise idée, un col ne rallonge jamais).
    Et puis, elles sont arrivées et je me suis surprise moi-même. Pas d’angoisse incontrôlable, juste du souci de maman face aux bobos du quotidien. J’ai confiance en elles, en leurs corps qui fonctionnent à merveille, et en cette capacité qu’elles ont eu de se battre depuis le premier jour de leur fécondation.
    Un jour, on a trouvé une boule sous le téton gauche de ma n°2. J’ai toujours été persuadée que ce n’était rien. J’ai même délégué à mon Homard la visite chez l’échographe (alors que pour les trucs vraiment flippants, je me déplace moi, pour « y être »).
    Et effectivement, ce n’était rien.
    On a toutes nos sujets angoissants, l’idée est effectivement et tu l’as très bien compris, de tenter de les épargner le plus possible.
    Je te souhaite le chemin le plus doux possible vers l’apaisement.
    Désolée pour ce commentaire fleuve !

    1. On ne sait jamais à l’avance comment on sera face à une situation, bien souvent on angoisse pour rien et on gère quand il le faut, quand on n’a pas le choix. Mais effectivement, on est toutes forcément angoissées pour nos enfants, à différents degrés. Je suis au degré maximal, alors je « vois quelqu’un », comme on dit, parce que je ne veux pas transmettre ça à mon fils.
      Merci pour ton commentaire fleuve, ils sont ouverts pour ça.
      (ah bon, le col ne rallonge pas ?) 😀

  15. Il ne se passe pas une semaine sans que je n’imagine le pire pour ma choupette. Et elle a déjà 3 ans et demi. Ca se calme un peu, mais j’ai toujours au fond de moi c’est angoisse terrible de la minute qui fait tout basculer, de la maladie. C’était encore pire lorsqu’elle est née et pendant sa première année et demie: peur qu’elle ne se réveille pas, que tout s’arrête. Encore aujourd’hui je vais vérifier que tout va bien avant d’aller me coucher (et quand je me lève la nuit pour aller faire pipi…)
    Pleins de bises. Tu vas assurer, t’inquiètes

    1. Voilà, c’est ça. La minute où tout bascule. Quand tu l’as connu, c’est dur de ne pas l’envisager à chaque truc « pas normal ».
      Au quotidien, je suis vachement plus détendue qu’il y a quelques mois, je ne vérifie plus s’il respire par exemple. Bon, il dort toujours dans notre chambre, ça aide, mais il se couche au moins 4 heures avant nous et je ne vais plus vérifier du tout. Mais dès qu’il y a un truc qui cloche, c’est de suite l’affolement… mais je me soigne 😉
      (et j’espère que tu vas réussir à te détendre aussi, parce que finalement c’est nous qui en souffrons le plus, pour l’instant)

  16. Moi c’est l’inverse je pensais ne pas être flippé avant sa naissance et je le suis 100 fois trop (j’en suis quasiment au stade de chialer quand je vois un gosse à la tv qui a un petit bobo en me disant « et si ça arrive à la mienne » )

    Ouf ton loulou n’a rien, c’est le principal ?

  17. salut poule, tu sais (mais si tu sais!) que je viens te lire à chaque fois mais je suis une chienne je ne commente presque plus (le temps, les mots etc..) bref fallait que je le fasse aujourd’hui pour te dire combien ta peur me parle. Le week-end dernier moi aussi j’étais aux urgences, mon fils 15 ans, douleur au ventre, il a fallu 48h pour qu’on décèle l’appendicite (jusqu’au scanner) et qu’on l’opere, 48h où j’ai cru que j’allais le perdre, 48h où j’ai pensé à toutes les maladies sauf à l’appendicite.
    Je n’ai pas connu le même drame que toi et pourtant je connais cette peur sournoise,ce vide qui t’attrape les tripes et qui ne te lâche qu’une fois que tu es bien explosée, ou alors quand ENFIN on te dit « rien de grave ça va ». J’ai connu des décès d’enfants autour de moi quand j’étais plus jeune je l’analyse en partie comme ça j’ai aussi connu d’autres douleurs familiales qui te blessent et construisent en toi des peurs viscérales d’abandon ou de mort. J’ai connu les psychothérapies, l’analyse, les visites en larmes chez le psy, les peurs si fortes que tu ne peux même pas trouver le sommeil, ton cerveau ce bel enculé ne souhaitant pas que tu penses à autre chose qu’à ta peur. Je suis nausophobe (et oui tu viens de mettre un mot sur ta peur) je n’ai aucun recul sur la maladie aucune relativisation, c’est forcément toujours le pire, forcément toujours le cancer ou un truc bien pourri . Des fois j’en ri (pas souvent) des fois je suis en apnée (souvent). Alors voila mon commentaire ne sert à rien si ce n’est te dire qu’on est plein comme ça à ne pas comprendre pourquoi soudainement notre corps tout entier se raidi, tremble, un peu comme si d’un coup on se trouvait sur le bord d’un précipice (j’ai testé ça fait exactement les mêmes sensations physiques). On est plein à ne plus répondre « ça va bien » quand on te demande si ça va parce qu’apres forcement il va nous arriver une merde (je te jure que je deviens assez con pour trouver les ruses les plus tordues pour ne JAMAIS dire « les enfants vont bien ») (devenir superstitieuse à 40 piges c’est lourd ;)) .On peut doucement arriver à vivre avec cette angoisse, on peut même la niquer des fois, et là c’est la grande victoire, mais je crois (enfin la c’est juste moi qui le dis) que cette cicatrice (qui me fait penser à celle d’harry potter) (non je n’ai rien fumé ;)) ne disparait jamais vraiment, juste avec le temps tu apprends à plus vite retrouver ton calme, plus vite faire disparaitre cette grosse boule de peur qui monte et qui descend. Il faut juste trouver les bons medecins, ceux qui savent que tu as besoin d’explications claires, de raisonnements précis. Il faut aussi toute seule ds un coin respirer, et ecouter ta respiration entrer et sortir (oui t’as l’air con). Ah et puis surtout ne regarde jamais sur internet, pour des gens comme toi et moi c’est le mal absolu, tu y vois forcément le pire, le plus pourri, et ça nourrit tes peurs. Bon ben pour qlq1 qui commente plus je t’ai mis le paquet là hein. Pour ne rien dire en plus enfin en tout cas je ne t’apporte pas de solution. Je te souhaite de maitriser tel yoda cette grosse catin de peur de + en + souvent. Full force!! et biz

    1. Putain merci pour ton commentaire, c’est bon de te lire ici ! Surtout quand tu dis des trucs comme ça, qui me font me sentir moins seule. Nausophobe, la description c’est exactement ça !
      T’as bien dû flipper bordel, je suis contente que ce ne soit que l’appendicite, il doit être fier de sa blessure de guerre maintenant. (il a dû bien en profiter pas vrai ?)
      Je suis comme toi, je suis superstitieuse. Je rajoute toujours « à priori » ou « normalement ». C’est con.
      Les docs que j’ai rencontrés jusqu’à maintenant ont quasi tous été cools, il suffit qu’ils me demandent si c’est le premier et que je réponde pour qu’ils comprennent qu’ils ont à faire à une angoissée ++++.
      Et pour Internet, j’essaie de résister, mais je cherche à me rassurer, des gens qui décrivent la même chose en disant que c’est pas grave. Mais fatalement, c’est le contraire qu’on trouve…
      Grosses bises ma poule.

      1. j’ai pensé à toi tres fort mercredi soir : mercredi ds la journée je parlais de mes angoisses (suite à ton post) à une collègue et je lui disais combien c’etait hard de laisser ma fille faire du cheval, cette angoisse qu’il lui arrive une merde mais qu’il fallait pour son bien que je la laisse faire. ET BAM sarace!! elle est tombée et bien tombée mercredi. Plongeon en sautant l’obstacle, atterrissage sur la tête. Evidemment j’ai tenté de faire bonne figure mais j’ai dormi avec elle la nuit suivante et j’ai du me reveiller 20 fois pour voir si elle respirait encore 🙂 Imagine du coup ma superstition à quel niveau elle a grimpé là 🙂
        BIz

  18. Quand ma fille est née, il y a 3 ans et demi, cette peur que j’avais de la maladie, de la mort, du « plus rien, après, c’est le noir absolu », m’a quitté… 5 secondes. Pour renaître puissance 1000 au moment où ils me posaient mon enfant sur mon ventre. Là, j’ai réalisé que cette trouille infâme ne me quitterait alors plus jamais et que pour essayer de vivre mieux, j’allais devoir m’y faire, sans aucun autre choix. La peur m’a rattrapée le 17 décembre quand j’ai perdu mon bébé de qq mois, au creux de mon ventre. Et bizarrement, depuis ce jour, je vais « un peu » mieux parce que j’ai réalisé que craindre le pire ne permet pas de l’éviter. Pour ma petite de 3 ans, je continue d’avoir peur (encore aux urgences mercredi dernier pour… des aphtes + fièvre -forcément une leucémie !!- en fait, un petit virus), mais je crois que je commence à me soigner.
    Pas un seul jour sans penser à comment je pourrais vivre sans elle.
    Plus un seul jour sans me dire qu’on est certainement passé à côté du pire sans le connaître, et que nous sommes chanceux, après tout. On conjure comme on peut.
    Des bisous à toi et des caresses au bebe-presque-tout-neuf sur sa vilaine bosse (oui, bosse, pas boule, ca sonne moins grave !!)

    1. C’est bizarre ce que tu dis, parce que moi aussi, pendant quelque temps, ça m’avait guérie. Un peu réconciliée avec la mort et son irréversibilité, sa fatalité. Je n’en avais plus si peur. Mais depuis la naissance du bébé-presque-tout-neuf, ça a explosé et, même si chaque jour je fais un pas vers une plus grande sérénité, je me rends compte que ça m’a quand même bien abîmée.
      (et t’as raison pour la bosse, c’est entre la boule et la bosse de toute manière)
      (bises aussi)

  19. Je voulais commenter, mais je ne sais pas quoi dire. Et je sais ô combien parfois il vaut mieux ne rien dire.

    Alors juste, continue à écouter son rire, c’est sûrement le seul remède. C’est le mien en tout cas.

    1000 bisous dans la nuque ! (sa nuque à lui hein)

    1. Il y a une différence entre l’angoisse classique, normale, et celle qui fait perdre ses moyens. Donc au lieu de me dire que ça perdure à vie, je préfère mettre tout en oeuvre pour mieux gérer tout ça et ne pas lui transmettre des fardeaux qu’il n’a pas demandés.

  20. même sans avoir vécu ce que tu as vécu, je crois que la peur fait partie du package quand on devient mère…alors après, y’en a qui gère mieux que d’autres, c’est sûr(je n’en fait pas partie)… faut apprendre, petit à petit, à ne pas lui laisser toute la place, à être plus forte qu’elle…mais c’est une bitch, elle s’accroche…
    plein de <3 <3 <3 pour toi et le bébé-presque-tout-neuf…

  21. J’ai plutôt un tempérament « détendue du sloub », ça veut pas dire que je ne m’inquiète jamais, ni que je laisse couler. Je crois qu’avec une apparition de boule j’aurai attendu un RDV chez le pédiatre . Évidemment pour qqs chose de plus alarmant je file à la maison médicale d’urgence.
    J’ai surtout un grand (mon ainé quoi) qui est total hypocondriaque, il ne faut ABSOLUMENT JAMAIS (ever, never, ever) émettre une hypothèse sur ce qu’il pourrait avoir/le fait qu’il ai si ou ça en sa présence, sinon vas qu’il somatise et fini par gerber !
    Du coup ça aide a rester zen pour ne pas l’affoler lui.
    Quoi qu’il en soit, c’est tout à fait normal de courir aux urgences en cas de doute, surtout pour des nouveaux parents « en apprentissage » (avec unBB quoi !)
    Bisous à la tribu
    (PS : je suis allée au resto grace à toi hier soir= miaam= merci ;-))

    1. Si ça avait été en journée, j’aurais pris RDV chez le doc. Là, c’était le soir, je me suis dit que c’était peut-être une allergie ou un hématome suite à une chute (que je n’aurais pas vu, mais passons ;)) donc j’ai préféré aller vérifier. Et au final, aller aux urgences a été plus angoissant qu’autre chose.
      Mon filleul de 4 ans et demi est un peu comme ton fils, c’est marrant, pourtant ma soeur est détendue aussi. Finalement, il me faudrait peut-être ça 😉
      (contente pour le resto) (il faut que j’y aille bordel) (j’avais oublié)

  22. Kikoo Ginie, comme tu le sais j’ai également vécu la perte d’un enfant bébé, et quand mon bébé le dernier qui n’est plus tout neuf mais qui pour mi est toujours mon bébé (il a eu 25ans le 30 janvier, mesure 1,93m et pèse +/- 110kgs) est arrivé, après une autre grossesse difficile couchée comme pour la précédente, j’ai également eu des millions de peurs et d’angoisses pour tous les liens ma fille aînée, leur père et bien évidemment le bébé à sa mère. Alors je ne te dirai pas que ce n’est pas bien, je ne te dirai pas qu’il faut aller consulter un spécialiste, parce que je ne l’ai pas fait moi-même, par contre je te dirai continué d’en parler autour de toi, tes vrais amis ne t’en feront jamais le reproche, ils te feront peut être certaines réflexions qui peuvent blesser des fois mais ça sera pour t’aider pour ne pas que tu sombres dans des délires qui vont te bouffer la vie et celle de ton entourage (bébé presque tout neuf compris). Par contre, la peur tu l’auras toujours mais moins forte avec le temps et ton bébé presque tout neuf viendra te voir à l’hospice, le mien, celui,qui n’est plus tout neuf mais qui reste mon bébé s’occupe de moi et cela depuis des années à chaque fois que j’ai un problème grave, jambe cassée, hospitalisation d’urgence, me veiller sur mon lit d’hôpital pendant des heures,… Et il m’a promis que si un jour le le faisait trop chmire, il me mettrait à l’hospice. Lui et sa sœur (34ans 1/2) savent ce que j’ai vécu et enduré (ils l’ont vécu a travers moi) et en quelque sorte, sachant que je ne survivrai pas à la perte d’un autre enfant ou maintenant petits-enfants, ils me préservent et ne m’annonce les choses graves qu’une fois que c’est un peu plus calme et qu’il ont un début de diagnostic (gros bobos des petits, ou d’eux-mêmes) et je les en remercie tous les jours parce que même avec ça, j’arrive encore à me faire des films à retardement et mon fils en fait autant auprès de mes parents qui son âges afin de les préserver. Donc, le seul conseil que je pourrais te donner très humblement, sussure à ton bébé presque tout neuf que tu l’aimes (mais cela je n’ai pas besoin de te le,dire) et dis lui surtout quand il sera en âge de comprendre (les mots evoluant avec l’age) que tu ne supporterais pas de le perdre. Tu as même le droit de le menacer (je l’ai fait avec mon fils quand il a acheté sa grosse moto pour laquelle je n’etais pas vraiment ok surtout à cause des angoisses et peurs que ca allait me donner… et oui je sais etre égoïste, et du coup je lui ai dit un truc du genre, si tu ne meurs pas complètement c’est moi qui te tue pour m’avoir fait trop peur) ça l’a evidemment bien fait rire. Mais surtout les meilleurs psy enfin pour moi ça a été le cas, ce sont tes amis et famille, ceux qui acceptent et supportent de te voir pleurer de temps en temps parce que ci ou ça te rappelle ce manque qui restera toujours en toi, ceux avec qui tu peux en parler sans qu’ils te traitent de barge ou le pensent. J’espère t’avoir aidé un peu. Signé une grosse angoissée depuis 26ans, (c’est l’age qu’aurait ma fille) et habitée par des peurs plus grosses les unes que les autres et qui a réussi à se soigner avec le temps ou presque parce qu’elle a trouvé d’autres raisons de se créer des angoisses et peurs quand elle ne sait pas quoi faire d’autre, en ajoutant ses petits-enfants. 😉
    Bisouxxx

    1. Merci pour ton commentaire 🙂
      On parle beaucoup chez nous, avec les copains, les proches, je crois que c’est ce qui fait que ça va, malgré tout. J’ai l’impression d’avoir déjà pas mal avancé depuis qu’il est là, et je suis sûre que je peux mieux faire, alors je vais y travailler.
      Bises à toi et tes deux grands bébés 🙂

  23. Le principal… Il est en pleine forme!

    Après avoir compris que la vie pouvait être la pire des chiennes, je pense que la peur devient un excès de réalisme. Tout ne se passe pas toujours bien, on le sait, on l’a vécu!

    Il n’empêche… Il n’y a pas de raison « Que »…Tu es admirable de te lancer un tel défi!

    À bientôt!

  24. Je pense hélas que la peur est une seconde peau quand on devient mère ! Je me soigne aussi mais je n’arrive pas à être complètement calme et sereine ! C’est définitif et irrévocable, j’aurai peur toute ma vie ! Là, mon mari m’a offert une semaine de vacances à deux, et il m’a été difficile de me montrer enthousiaste. J’a peur qu’il leur arrive quelque chose quand on ne sera pas là, qu’ils tombent malades, qu’il y ait un accodent, qu’ils se seront fait enlevés, tués … Bref, un truc de dingue et une boule énorme comme çà dans la gorge !!

  25. Comme je te comprends ! ma soeur a perdu son bébé de la msn elle avait 18 ans vivait chez nous bref au bout d’un mois juste après la visite chez le docteur ! 11 ans plus tard j’accouche de mon merveilleux fils ben juste après le premier rendez vous chez le docteur ben je peux te dire que les jours qui ont suivi j’ai plutôt pas mal paniquée…
    le principal c’est que tu en sois consciente !
    c’est banal mais je te souhaite tout le bonheur du monde avec ton petit bout et ton mari !!

  26. Je te comprends à 100% …

    Romane, 1mois, une bosse sur le front, une inquiétude, on en sourit et on se dit que ça passera.

    2mois plus tard, toujours là, plus grosse et plus violette. Bosse, kyste, le docteur ne sait pas trop, « Il va falloir aller voir un spécialiste Madame ». Spécialiste quoi.
    Et la réponse à nos questions tombe : c’est un hémangiome, une forme bénine de cancer, ce n’est pas grave. Cancer et « pas grave » ne s’accordent pas dans la même phrase pour une Maman bizarrement.
    Tu pleures, tu as peur, tu culpabilises, mon tout petit …

    2ans, tu pleures, tu as peur, tu culpabilises. Mais tu apprends à vivre avec, parce que tu te rends compte qu’elle va bien, qu’il va mieux et puis tu as encaissé tellement de choses depuis tout ce temps.

    C’est ça être une Maman, apprendre à avoir peur, apprendre à gérer ses angoisses.
    Tu verras, le temps apaisera tout ça, je te le souhaite en tout cas <3

  27. Ah les urgences du CHU ! Ton premier fils ta appris a devenir une maman differente des autres, que lamour inconditionnel saccompagne parfois dinjustice de douleurs insurmontables dissue sans bouee de sauvetage. Ton second enfant tapprend a faire confiance a cette chienne de vie qui donne aussi bien quelle reprend. Sans preavis. Il tapprend a lacher du lest ..parce que ton passé construit ton futur et le sien. Il le durcit parfois mais lui donne aussi un gout plus savoureux. Il ny a pas de petits bonheurs. Miette en attente de tests genetiques pour ses petits

  28. Que te dire à part que je me suis mise à pleurer dès la première phrase …
    Je n’ai pas connu ça mais cette peur je la connais aussi…
    J’ai eu l’impression de te voir grelotter, de voir tes larmes mais aussi de voir le sourire de ton fils …

    J’en ai encore les larmes qui coulent.

    J’espère que tu arriveras à l’envoyer valser cette peur mais que tu continueras à me retourner le bide d’émotions (positives ou négatives ) avec tes articles !

  29. Ginie, ton billet m’a encore laissée remplie d’une émotion inexplicable… Tes paroles me touchent et pourtant je ne te connais pas… Contrairement aux autres mamans qui t’ont livré leur commentaires, je ne vais pas te parler de mes enfants, mais de moi fillette. Ma mère m’a toujours laissé voir sa peur, elle n’y était pour rien, et je l’aime malgré tout. Pourtant j’aurais aimé trouver dans ses yeux de la sécurité, parce que très tôt j’ai su quand il m’arrivait, ou aux autres un truc grave. Et en 2001, quand j’ai appris que j’avais un cancer, je me suis regardée dans les yeux, et je me suis dit : maintenant tu vas être forte, tu vas aller le dire à ta mère sans lui montrer que tu as peur… Alors, pour lui, pour qu’il puisse vivre son enfance sans avoir peur aussi, combat cette peur, et ne la laisse pas te transpercer les yeux <3 (ps : je vais bien, la vie m'a fait plein de cadeaux depuis 🙂 )

    1. Flo, j’ai relu ton commentaire plusieurs fois, il est très précieux, merci beaucoup de l’avoir écrit. Je viendrai le lire à chaque fois que je flancherai, pour me donner la force de ne pas lui transmettre tout ça. Pour lui donner de la sécurité.
      Merci BEAUCOUP.
      (et je suis heureuse que tu ailles bien)

  30. Je partage cette même peur ! Pour mon 2ème loulou, qui fêtait son 1er anniv, pas plus tard qu’hier et ce matin !!! Quinte de toux, impossibilité à reprendre sa respiration, asthme? il n’en a jamais fait, Panique! Sa grande soeur a été réveillée par cette toux inhabituelle, elle me pose des questions, Ne pas laisser paraître cette peur, on sourit, on lui explique calmement que ce n’est pas grave, que son frère est un peu malade. Rdv Pédiatre: Verdict: Laryngite. Oufff je souffle. Jusqu’à la prochaine fois . . .

    Pour penser à autre chose: petit concours avec Kdo pour Baby : http://lejournaldemllem.canalblog.com/archives/2013/02/10/26381537.html

    1. C’est ce que je disais à une copine tout à l’heure. C’est un amour qui fait peur tellement il est fort, tellement il peut tout anéantir.
      Merci pour ton comm.
      (je sais pas si je te l’ai déjà dit, et j’ai honte parce que je n’ai plus le temps de lire des blogs, mais quand j’avais le temps j’aimais beaucoup le tien) (voilà c’est dit)

      1. C’est trop gentil. Je suis très touché d’autant que moi aussi j’adore ton humour.
        courage le temps manque mais tant qu’il y a l’amour le reste n’est pas si important (ah si la santé!!)

  31. PLein de câlins réconfortants à toi, Ginie, après cette épreuve… et à ce coquin de bébé qui t’en fait voir, quand même !
    Un peu d’humour : tu es sûre qu’il ne lit pas ton fil fb ? Toi qui cherchais un sujet… il t’en a fourni un, le bougre !!! 😉
    <3

  32. Je ne te dirais rien de plus que toutes les autres mères qui ont déjà commenté; mes deux enfants ont presque 13 ans et presque 15 ans et me font toujours grelotter … Je ne suis pas sure qu’on puisse en guérir, je ne pense même pas qu’on s’habitue, je crois qu’on apprend à vivre avec …
    Des baisers sur la tendre nuque de ton petit, ça doit aider à te calmer ça aussi. Fais lui en un pour moi, ça fait longtemps que je n’ai pas reniflé du bébé !!! (merci)

  33. Je ne sais pas si tu réussiras à mettre ta colocataire dans un petit coin, moi cela fait 4ans et demi qu’elle ressort régulièrement, je la sens, je la touche, je la crains. Je suis une louve, je veux aussi que mon fils me mette en maison de retraite 🙂

  34. Hugo aurait du avoir 3 ans cemois ci. Mael à 16 mois. Le prochain va naitre en juillet. la « coloc » + les hormones : je pleure et je tremble souvent. tu n’es pas seule. gros bisous et continue le combat.

  35. Me voilà avec des larmes plein les yeux de bon matin et je grelotte aussi, j’attends des news importantes.
    Je suis sûre que tu vas réussir à gérer cette peur, des bisous et des coeurs tout plein <3

  36. en relisant ton billet j’ai repensé à ce que ma gyneco m’a dit en début de grossesse après la perte de bb1 : « ayez confiance, la merde, vous l’avez déjà eue » et puis, à la naissance de bb2, qd je lui disais que j’avais de la chance, car la petite était vraiment calme, elle m’a dit « mais madame artz***, il faut bien que vous ayiez de la chance aussi »
    Tout ça pour dire que même si je suis la fille la plus angoissée du monde (avant même la perte de bb1!!) de temps en temps, m’accrocher à ces paroles issues du monde médical (qui n’est jamais le plus rassurant du monde…) me fait du bien.
    Oui, la merde, Ginnie, elle n’est plus pour toi.

    1. Il y a quelques mois, quand on a eu de grosses frayeurs sur la santé du bébé-presque-tout-neuf, j’ai dit à mon psy « je pensais connement qu’on était immunisés après ce qu’on a vécu ». Il m’a répondu « on ne l’est jamais. Vous avez perdu un enfant, peut-être que votre fils sera autiste et peut-être que, dans quelques années, il aura une leucémie »… Je préfère amplement le discours de ta gynéco.

      1. Outch.
        Il est franchement rude ton psy… pas besoin de lui pour savoir (et y penser !!!) qu’il y a toujours une « possibilité que… » Enfin, on en revient à la même conclusion : vivre avec. L’image du coloq est bien trouvée. Même si en ce jour de St Valentin, perso, je dis non aux ménages à 3.
        Bonne journée et désolée pour le double « n » à Ginie.

  37. Comme je comprends…
    C’est formidable que même en grelottant tu aies pu continuer à lui parler et lui sourire !
    Pour avoir vécu un drame une fois dans ma vie (mon commentaire sur le « bilan 2012 »), et eu beaucoup de complications pendant ma grossesse, je t’avouerai que j’ai hurlé comme une folle lorsqu’aux urgences – micropuce presque toute neuve de 3 mois et demi qui n’allait plus du tout tout – on m’a dit « ponction lombaire » ; 3 semaines d’hospitalisation pendant lesquels je n’ai pas quitté mon bébé, sans rien pouvoir avaler… Elle est toujours là ; elle a eu 13 mois ; et depuis ses un an, quelque chose s’est dénoué un petit peu. Comme si la période de tous les dangers me semblait un peu passée, je ne sais pas te l’expliquer. Je m’inquiète pour ma fille, dès qu’elle mange moins je me tracasse… ; mais je n’ai plus cette hantise permanente de sa mort, la peur, cette horreur, me laisse du répit, je crois enfin que ma fille va vivre et être heureuse. Comme tu le dis il y a une différence entre s’inquiéter pour ses enfants et être littéralement en permanence dévorée par l’angoisse dans l’attente de la catastrophe.
    Bon courage ; parles-en parles-en encore et encore autour de toi, à tes amis, tes parents, un psy si besoin (moi j’en ai eu besoin), accumule le plus possible de moments de bonheurs… petit à petit la confiance revient un peu même si elle reste fragile
    Plein de bisous à toi et au bébé tout neuf

  38. Un billet qui remue…
    L’angoisse, celle qui traverse le corps, comme le grand chagrin, difficiles de les cacher aux petits. Peut-être vaut-il mieux alors leur expliquer simplement et en dédramatisant, pourquoi on est dans cet état?

    Et la boule est toujours là ou elle est partie comme elle est venue, la garce?

  39. Après des arrêts de grossesse, j’ai été très anxieuse avec mon aînée (qui a du mal avec la frustration du coup, j’anticipais le moindre de ses besoins) et je me suis détendue avec les suivants (des jumeaux), la fatigue aidant aussi… C’est encore plus compréhensible dans ton cas. Au cinquième, ça ira mieux ! 😉

  40. Tellement touchant ton billet. Je suis toute émue. Je suis contente pour ton loulou qui va bien.
    L’angoisse cette salope de pute d’enfoirée (moi vulgaire?) je la connais aussi (sans avoir vécu de drame) mais peut-être pas tant sur les bobos quotidiens mais plus sur ma faculté à être une bonne mère.
    Ma fille ainée mange peu:hop elle est anorexique
    mon 2ème bouge beaucoup : il est hyperactif
    Quant au dernier il fait des spasmes du sanglot -impressionnant mais pas grave.
    Et moi dans tout ça ; me me dis que je suis une maman nulle; qui sature ; qui n’aime pas assez ses enfants et qui est très vite dépassée.
    Tout ça à cause de cette pute d’angoisse qui te fait poser 1000 questions (et qui prend parfois des « formes » violentes)
    Je compatis sans avoir vécu ton parcours mais je te félicite du chemin déjà parcouru pour combattre cette saleté d’angoisse!!!

  41. A la naissance de mon aîné, j’ai dit que je ne savais pas qu’on pouvait autant aimer et angoisser en même temps. Le pire maintenant c’est que c’est x2. Je ne dormirais plus jamais de ma vie je crois. 🙂 des fois je me tape des badtrips de malade!!
    mon fils a 3 boules dans le coup, sa pédiatre dit que c’est des ganglions qui se sont ankystés. Même si elle est très bien ça fait 6 mois que j’hésite à aller consulter ailleurs. … au cas où.
    Courage et des bises

  42. T’as pas fini de grelotter… Mais sûr que tu as plus de raisons que la moyenne des mamans de le faire. J’ai bien une idée… J’ai remarqué que les mamans de famille nombreuse grelottaient BEAUCOUP moins que les autres. C’est quand, le prochain ?
    😉

  43. Les émotions, choses absolument incontrôlables qui s’éveillent sans trop de raison, parait il à des stimuli. On a beau le savoir ça n’empêche pas ces dernières de se manifester sans que l’on puisse les contrôler, un peu à l’image d’une petite larme qui a essayé de couler en lisant ton billet avant de s’évaporer dans un sourire.

    Mais dans le fond, n’est ce pas mieux ainsi ? Ne pas pouvoir contrôler ni prévoir ? Ça fait de nous des humains, qui pensent et ressentent et par conséquent qui aiment. Et c’est bien de ça qu’ont besoin nos bébés (presque neufs ou bien usagés). Alors stressons, ayons peur, soyons heureux, continuons juste de ressentir. C’est signe que tout va bien… 😉

  44. Ma fille de 8 ans m’a demandé si les enfants de ses petits-enfants auront aussi reçu en héritage mes angoisses et ma trouille qui tue.
    Me suis jurée d’essayer de vivre autrement, après le trauma de cette question.
    Mais je n’y arrive pas.
    Bon courage Ginie. Puisse ton humour disloquer ta TAG!
    Mais j’y pense….c’est pas parce que tu as une TAG avec laquelle tu vis que tu as développé tout cet humour?

  45. bordel, à chaque mot que tu mets pour tes enfants, triste ou pas, j’ai envie de pleurer sur tes dernières phrases… comme je te comprends!!

    une maman MFIU qui espère ne pas trop grelotter pour son deuxième enfant et les futurs…

  46. Ginie-qui-rayonne par dessus tout ce qui est sombre, obscure, ou simplement à l’ombre. Ginie notre pote et sœur virtuelle…je suis bien émue, et j’espère que ta peur te laissera tranquille, la mienne je l’ai donnée à mon fils comme un sale héritage et c’est dur à vivre.
    Je te souhaite tellement de joie, de légèreté , parce que tout le reste je sais que tu l’as déjà. Vive toi !

  47. Il y a quelques semaines je découvrais ton blog pour la première fois. J’ai lu un article puis un autre et encore un autre. Bref j’ai passé ma soirée scotchée devant l’écran abandonnant lâchement mon mari !

    Je voulais tout d’abord te dire merci parce que peu d’auteurs parviennent en l’espace d’une minute à me faire passer du rire aux larmes. J’ai même découvert que je pouvais rire en pleurant et pleurer en riant ! Tu as un sacré talent ! Du coup, dès le lendemain, mon cher mari délaissé m’offrait ton premier livre que je dévorais en quelques jours.

    La seconde raison de ce mot est une nouvelle fois de te dire merci, merci pour avoir mis des mots sur une sensation que je ne parvenais pas à exprimer, merci de m’avoir permis grâce à ce billet d’expliquer à mon mari pourquoi je grelotte si facilement devant des situations qui lui semblent bénignes.
    Il y a 18 ans, ma sœur a accouché d’un petit garçon prénommé Anthony. Un mois et demi plus tard, il disparaissait, emporté par la mort subite du nourrisson. J’avais alors 14 ans, j’ai cru ne jamais m’en remettre mais j’ai grandi et j’ai fait avec…ou plutôt sans lui.
    Il y a 20 mois, je suis à mon tour devenue maman et j’ai alors compris que le trou dans mon cœur était encore béant et que mon petit fantôme ne m’avait jamais quittée. Et surtout j’ai compris que je ne pourrai jamais vivre les choses avec légèreté parce que derrière chaque inquiétude pour ma fille, il y a sa mort à lui.
    Cela n’a pas été évident à assimiler pour mon mari. Je crois qu’il faut l’avoir vécu pour le comprendre. Mais ton billet a eu le mérite de me permettre d’utiliser tes mots pour l’éclairer et lui dire cette peur qui m’accompagne.
    Aujourd’hui, j’aime à me dire que mon petit ange m’aide dans les moments où ma fille m’irrite – parce qu’elle a décidé de ne pas dormir entre 2h et 5h du matin ou que c’est très drôle de mettre de la nourriture partout y compris dans ses cheveux – que finalement tout ça n’est pas si grave. Finalement, elle est à mes côtés, le petit amour de ma vie, pleine de vie, de cette vie qui m’est chère.
    Merci encore !

    Magali

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