Mère

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J’étais celle qui t’avait envisagé. Avec ton père.

J’étais celle qui t’avait espéré, chaque mois.

J’étais celle qui avait hurlé de joie.

J’étais celle qui avait angoissé. Beaucoup.

J’étais celle qui t’avait attendu.

J’étais celle qui avait vomi.

J’étais celle qui avait filmé tes mouvements à travers la peau.

J’étais celle qui t’avait parlé. De tout, de rien, de nous. De ton frère.

J’étais celle qui avait écrit ton prénom sur la porte.

J’étais celle qui avait mangé des légumes.

J’étais celle qui avait appréhendé.

J’étais celle qui t’avait mis au monde.

J’étais celle qui avait ressenti ce truc dont ils parlent tous. Le bonheur. Total.

J’étais celle qui se demandait comment ce serait, après.

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Je suis celle sur qui tu aimes dormir.

Je suis celle qui te caresse le front, les yeux, le nez, la bouche, le menton et guili guili.

Je suis celle qui t’invente des chansons. Que tu commences à chanter.

Je suis celle à qui tu souris en plissant le nez. A chaque fois.

Je suis celle que tu cherches quand tu tombes.

Je suis celle qui préfère avoir mal au bras que te reposer.

Je suis celle que tu essaies d’appeler Maman, mais que tu appelles Dada.

Je suis celle qui aspire le contenu de ton nez. Sans vomir.

Je suis celle qui a trouvé ta zone sensible, là, sous le bras droit.

Je suis celle qui fait l’avion pour que les légumes passent mieux.

Je suis celle qui t’achète des bonnets improbables.

Je suis celle qui te prend en photo avec les bonnets. Pour faire fuir tes copines, plus tard.

Je suis celle qui a hâte de te voir le matin.

Je suis celle qui danse avec toi et te fait tourner jusqu’à ce que tu n’en puisses plus de rire.

Je suis celle qui passe son temps à répéter à quel point tu es chouette.

Je suis celle qui a ta photo en fond d’écran. Sur le téléphone, l’ordinateur et la tablette.

Je suis celle qui s’inquiète. Beaucoup trop.

Je suis celle qui passe des heures dans les livres et sur Internet. Pour essayer de faire au mieux.

Je suis celle qui t’impose une seule chose : d’être heureux.

Je suis celle qui se demande comment ce sera, plus tard.

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Je serai celle à qui tu diras que tu la détestes.

Je serai celle qui te soutiendra. Même quand tu auras tort.

Je serai celle qui t’engueulera.

Je serai celle à qui tu mentiras.

Je serai celle qui te consolera.

Je serai celle qui aura hâte que tu partes.

Je serai celle qui pleurera quand tu le feras.

Je serai celle qui n’en trouvera aucune assez bien.

Je serai celle qui te mènera à la mairie.

Je serai celle qui gardera tes enfants.

Je serai celle pour qui tu seras toujours son bébé.

Ginie, mère
(hormonalement atteinte)

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85 commentaires

  1. <3

    (saycool d'être à l'autre bout du monde je peux commenter avant que ta horde de lectrices au taquet n'arrive ;))

    Gros gros bisous à vous 2 (et au papa presque tout neuf, hein, ne l'oublions pas)

  2. T’as pensé à celles qui sont hormonalement atteintes et qui vont te lire?!?!?!
    Cette semaine c’est les 3ans et demi et 10mois de mes trésors alors je suis doublement atteinte!!!
    Toujours entre RIRES et larmes!! Toujours au top…
    Merci pour ce petit moment d’émotion improbable à 3h du matin!! Bonne nuit

  3. Je ne suis pas celle qui n’en trouvera aucune assez bien.
    L ‘Ado nous a ramené (au 3ème essais) une superbe brune, intelligente, aimable, serviable. Ses 3 petits frères l’adorent…

    Merci pour ce billet tout doux…

  4. C’est tellement tout ça … superbe texte … moi aussi, je dois être hormonalement atteinte, car je termine les yeux embués ! c’est grave, docteur ?

  5. Hormonalement atteinte aussi alors …
    le coup du « Je suis celle qui aspire le contenu de ton nez. Sans vomir. » j’adoreeee !! je me dis cela à chaque fois qu’il y a besoin de le faire
    Tu as oublié 😉 « je suis celle qui est capable de supporter ton vomi dans mon cou car tu as une bonne gastro.. et que si je ne me retiens pas, on vomit tous les 2 »

    Merci à toi, ce billet de bon matin m’a émue aux larmes

  6. Je me posai la même question que Laetitia (qui est aussi mon prénom.. d’ailleurs !)..

    Très joli sinon… on se reconnait tellement .. à chaque phase…

  7. Pffffiiiiou

    Je suis celle qui admire ton talent!
    Je suis celle qui est totalement d’accord avec ce que tu écris.
    Je suis celle qui doit essuyer une petite larme d’émotion

  8. Je l’ai lu ce matin après le biberon fatidique de 4h du mat’. Je me reconnais complètement. L’angoisse d’une mère, le rôle d’une mère, l’amour d’une mère, tout y est. Magnifique !

  9. Aie ! je suis déjà dans les 5 premières lignes du dernier paragraphe ..et c’est bien aussi ! l’ amour que j’ai, pour cette petite bonne femme de 12 ans me porte
    et me ravit …
    Ton texte , une fois de plus est magnifique : merci ! Des bises .
    Nana630

  10. Et merde le brouillard s’est levé dehors et pourtant je vois trouble! Merci pour ce texte… Je peux me l’imprimer? Pour dans ces moments où mes 2 gnomes m’enervent mes nerfs graaave!

  11. Je suis celle qui perd ses cheveux à trop s’inquiéter.
    Je suis celle qu’ils détestent déjà.
    Je suis émue de l’amour, des doutes et de la force que l’on a pour eux, tout comme toi.

    Hormonalement atteinte….. Tu as tes règles ou bien ???

  12. Très touchée par ces lignes , ces mots pleins d’amour et si réels.
    Personnellement, j’en suis toujours là, mais en étant une Mamie comblée de bonheur par mes petits enfants merveilleux.
    Ginie, je vous remercie de vos beaux billets.

  13. Et moi, je suis celle qui attend que son grand de 14 ans ose lui dire qu’il aime les garçons pour pouvoir lui dire « je t’aime mon fils et ce n’est absolument pas un problème dans cette maison, comme tu le sais déjà »…
    Très joli billet. 🙂

      1. Je pense que oui car nous parlons ouvertement, et avec l’actualité du mariage pour tous, il sait ce que nous en pensons. Mais dans tous les cas, les ados parlent rarement de leur vie amoureuse avec leurs parents, donc on ne s’inquiète pas de son silence.

        1. C’ est chouette de lire des mots comme ça… Mes fils sont encore petits pour que je me pose ce genre de questions mais ce sont MES Fils et je les aimerais quoi qu’il en soit…

  14. c’est beau, tout simplement !
    c’est beau, c’est simple et ça nous correspond à nous aussi, les celles qui lisent tes billets !!!
    merci !

  15. Ah ba voilà c’est malin !! J’allume à pein mon ordi que j’ai déjà les yeux trèèèès embués, mais cela doit être à cause du fort soleil californien !!
    Merci de mettre des mots aussi beaux sur ce que nous ressentons toutes !
    Et vive Ginie !!

  16. A la psy à qui j’expliquais que j’avais eu une engueulade monumentale avec mon fils, une où on hurle plus fort que tout, elle m’a à son tour expliqué que c’est normal DES FOIS que les enfants crient sur leurs parents. Et le fils sur sa mère.

    C’est parce qu’il sait inconsciemment que quoi qu’il fasse, elle l’aimera toujours…

  17. Bonsoir Ginie et merci pour ces bons mots… Je traverse la deuxième partie avec ma puce.. Elle aura 10 ans dans un mois.. Je remplace aussi un papa de plus en plus absent… Et c’est pas toujours évident.. J’ai pas trop hâte à la troisième partie..j’essaie de ralentir mais cela ne veut pas… Alors à défaut, j’essaie d’en profiter un max..
    Continue à me faire sourire et pleurer… Tu es trop top Ginie…

  18. J’ai découvert ton blog aujourd’hui avec le post « Les questions qui fâchent ». (Oui, je suis enceinte. Beaucoup.) C’est pour ça qu’à la lecture de tes autres billets (je sors à l’instant de « courir tue ». J’ai eu une contraction, merci bien) je me suis demandé si c’était mes hormones ou si c’est toi qui a vraiment la tournure qu’il faut pour me faire hurler de rire. Comme avec ce billet se sont les larmes qui me sont venues aux yeux, je me suis dit que oui, c’était définitivement les hormones. Mais p***n, ce que tu es douée !!!!!!!!!!!!! Big up \o/

  19. Quand on est prit dans le quotidien, il y a des choses que l’on ne voit plus…et puis on tombe sur une plume, une vraie, une qui vous refait des noeuds dans le bide, tellement les écrits sont criant de vérité… Merci Ginie…
    J’ai attrapé ma fille au vol, et je lui ai rappelé de ne jamais oublier à quel point je l’aime… plus que ma vie et à l’infini…

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