Ce n’est plus un secret pour personne, je suis une nostalgique. Attention, pas une petite nostalgique du dimanche, qui pense à son enfance en penchant la tête, un petit sourire sur les lèvres, le soleil dans les cheveux, une musique douce dans la tête. Oui, parce que la nostalgie, c’est joli comme mot, ça fait romantique.
Non, je suis une vraie nostalgique. Une nostalgique de compétition. On doit pas être très loin de la névrose à ce stade, mais on ne le saura jamais. J’ai envoyé FREUD au 61212 mais ils m’ont répondu que mon ex pensait souvent à moi, on est bien avancé.
Si je t’en parle aujourd’hui, c’est que je commence à me faire peur. Quand tu t’auto-effraies, ça commence à devenir un problème. C’est à dire que tu ne peux pas te croiser dans le miroir sans sursauter, tu ne peux pas entendre le son de ta voix sans crier (ce qui est fâcheux, quand on sait qu’on peut difficilement crier sans utiliser sa voix), tu te repousses quand tu te touches. C’est dur à vivre, je te l’accorde.
Mais j’ai de vachement bonnes raisons d’avoir peur de moi. La nostalgie me fait faire de drôles de trucs.
Déjà, mais là ça ne va pas beaucoup t’étonner, il m’arrive souvent de me demander ce qu’est devenu tel ou tel personnage de mon enfance/adolescence. Alors je cherche sur Google des infos et des photos récentes, ce qui donne lieu aux petits jeux trop rigolos que je t’organise régulièrement pour que tu reconnaisses nos héros de jadis, antan, naguère. D’ailleurs ça fait longtemps qu’on n’en a pas fait, on va remédier à ça.
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