Poils aux pattes

Vous le savez, je suis une poilophobe.
Je déteste les poils. Et aussi les poils.

Je ne parle pas que des miens, que je traque consciencieusement dès qu’ils osent sortir leur tête de mon derme.
Les poils sur les autres me font à peu près le même effet. Peut-être même un peu plus puisque je ne peux pas les arracher.
Enfin, je peux. Mais ça risque de vexer.

poilHein qu’on dirait une bite ?

Sur les hommes, par exemple, trop de poil tue le poil.
Mais comme il est assez délicat de demander à un mâle de nous montrer son torse (sans lui montrer le nôtre) à la première rencontre, on a souvent de vilaines surprises.
(Mon amour, si tu lis ces lignes, sache que ta moquette sur le torse n’altère en rien l’amour que j’éprouve pour toi. Tu es tellement intelligent, beau, gentil. Maintenant, tu peux aller voir ailleurs si j’y suis.)

(Il est parti)

J’ai bien essayé de l’épiler.
Mais c’est que l’Homme est douillet. L’Homme ne supporte pas la douleur. Une petite coupure au doigt et l’Homme est mourant. Alors une bande de cire, c’est de la torture.
C’est pas grave, c’est bon le poil, non ?
C’est doux au toucher, agréable en bouche, de quoi se plaint-on ?

Non contente de déboucher la baignoire et le lavabo, de traquer l’ennemi dans les chiottes et le lavabo, j’ai décidé de traiter le mal par le mal.

C’est ainsi que je me suis retrouvée, il y a maintenant sept ans, avec une usine à poils chez moi.
Elle désire préserver son anonymat, alors on l’appellera la chauve-souris.

sur

La chauve-souris a de drôles de positions pour dormir.
La chauve-souris ronfle.
La chauve-souris pète. Et pue.
La chauve-souris se prend souvent pour un castor.
La chauve-souris est très affectueuse. Trop affectueuse.

Mais surtout, la chauve-souris déteste rester seule. Ou alors, il faut qu’elle bouffe.
La table basse.
Le canapé.
Le mur.
La télécommande.
Le téléphone.
La couette.
Les chaussures.
Les lunettes.
Les stylos.
TOUT.

Quand l’appartement s’est retrouvé aussi vide que le jour de la visite, on s’est dit qu’il fallait trouver une solution.
Soit je me mettais en congé maternité canine.
Soit je l’offrais à ma belle-mère.
Soit on lui prenait un compagnon.

C’est là que la deuxième boule de poils est arrivée.
Enfin, la boule, le gros boulet plutôt. C’est qu’il était déjà adulte et que sa surface accueillait donc plus de poils (CQFD).
C’était il y a quatre ans.

grosLà, il est puni.
Et non, le grand bleu, c’est pas chez moi.

Peu à peu, le carrelage blanc sur lequel j’aimais marcher pieds nus, s’est mis à craquer sous mes pas.
Les poils s’invitaient partout. Dans les mailles des pulls, sur les pantalons noirs, sur les meubles, dans la crème de jour, sous les ongles, dans le verre d’eau, dans le lit, entre les orteils, sur le clavier de l’ordi, dans les pages de livres, PARTOUT.

Parce que le poil, ça vole.
Ma maison était en passe d’être colonisée par les poils.

C’est là que j’ai pris l’ultime décision.
Celle qui allait changer ma vie.

J’ai adopté celle qu’on appellera l’hystérique, parce que ça lui va bien. Ses anciens maîtres, tombés sous le charme des nôtres (qui savent donner le change en public), l’avaient achetée quelques mois plus tôt. Mais, finalement, elle s’est révélée un peu trop vive à leur goût. Alors, pour la calmer, ils ont décidé de l’enfermer dans une petite cage, parmi des centaines d’autres chiens.
C’était mieux pour elle.

L’hystérique est donc venue compléter la famille velue il y a maintenant trois ans.

folleDans une autre vie, c’était une danseuse étoile.

Depuis, ma phobie est guérie.
Les poils sont devenus mes amis et m’accompagnent au quotidien.
Je ne les chasse plus.
Un beau tapis noir et feu recouvre désormais feu mon carrelage blanc.
Parfois, j’ai des poils sous les aisselles alors que je viens de m’épiler.
L’expression poils aux dents a été créée pour moi.

Mais peu importe, puisque je suis devenue poilophile.

Je vous laisse, poil n°45678 m’appelle, il est coincé derrière le radiateur.

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21 commentaires

  1. On aurait dit une bite avec une langue de vipère ! (et ça crache du venin!)

    Ouais bon les mauvaises suprises même nous nous pouvons les avoir ! une fois en Espagne j’ai eu droit à une grosse tarte au poil après un dîner ! Mais tout est bien qui finit bien, on a mis la chantilly et transformé tout ça en une patisserie mangeable : )

    L’homme n’est pas douillet, on est juste programmés pour supporter les grosses douleurs comme celles causés par des shrapnels par exemple !

  2. moi j’adore arracher LE poil de nez du formidable…
    voilà.
    c’est tout.
    45678 va mieux?

    et t’as retrouvé 39778?? nan parce que j’avais vu sur le journal, qu’il s’était baladé un temps sur un gros orteil, pis qu’il avait disparu…

    1. @ M1 : je parlais de l’Homme avec un H majuscule, le mien quoi. Promis, j’exagère pas.

      @ Noisette : Fais gaffe quand il a un rhume quand même.
      39778 a disparu. J’ai voulu lancer une alerte enlèvement, mais ils ont essayé de m’enfermer dans une pièce blanche, j’ai pas bien compris.

      @ Camille : L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Surtout quand on s’épile après.

      @ Manu : Moi c’est dans le dos que la moumoute me dérange. Et sur les fesses.
      Une bouledogue et deux amstaffs (les méchants piteuboules)

      @ Oopsy : Imagine, chez moi y a des poils marrons, blancs et noirs. Du bonheur.

  3. Argh… Moi j’aime pas les poils animaux partout. Et pourtant j’ai eu des chats. J’avais un truc spécial pour décoller les poils, une sorte de brosse magnétique ou je ne sais quoi…Mais c’était casse -pieds…

  4. Et tu les manges aussi les poils?

    Moi mon homme, a vu un jour un de mes cheveux, dans un plat, du restaurant ou il bosse. (Ils sont super intelligents je crois) (Et blonds pourtant, comme quoi…)

    1. @ Fafa : Même par terre, j’aime pas ça la moquette. C’est plein de morpions.

      @ Ninon : J’ai un genre de rouleau de scotch, mais il part à une vitesse phénoménale. La seule chose à faire, c’est renouveler souvent la garde robe. Quel suplice…

      @ Gazelle : Cet article a été écrit pour toi, pour que tu puisses dire que mes poilus sont obèses/moches/cons.
      Ton homme, il bosse dans un italien ?
      Non, parce que c’était peut-être un spaghetti.

    1. Ho ça c’est gentil alors !!
      Je t’attends pour en publier un nouveau alors.
      Tu me dis quand t’es prête 😉
      (non ce n’est pas du tout un prétexte pour masquer mon manque d’inspiration)

  5. Ouais moi je suis poilophile aussi, ma danseuse-étoile à moi s’appelle Leeloo. Mais son truc à elle, plutôt de danser gracilement, c’est de jouer à un jeu appelé « je cours partout et je saute sur le canapé pour montrer comment je suis agile et sportive ». L’homme et la danseuse adorent ce jeu, moi un peu moins.

    Bon je vais aller m’épiler le mollet gauche.

    1. @ Lili : j’espère pour toi que ton chat est moins bruyant et moins polluant…

      @ Madame Kévin : a y est, j’ai publié. Mais tu peux toujours m’envoyer le tag, que je m’amuse encore !

      @ Angie : On a la même alors. Parce que là, elle dort, c’est le seul moment où on peut la photographier.
      N’oublie pas le droit, hein…

  6. Ceci dit, ça explique toujours pas comment font les candidates de Koh Lanta pour rester impeccables du maillot pendant un mois et demi, sans épilateur…

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