Quatre mois

Il y a quatre mois, j’étais allongée dans un lit, les pieds calés dans des étriers, le bas du corps anesthésié. La tête et le cœur aussi.
Il y a quatre mois, à l’inverse de toutes les futures mères, je ne voulais pas que tu quittes mon ventre.
Il y a quatre mois, ton papa pleurait, mais ses larmes n’étaient pas celles que j’avais espérées durant tous ces mois.
Il y a quatre mois, je me disais que jamais je ne m’en remettrai.
Il y a quatre mois, je t’ai senti glisser, me quitter. Mais, j’ai eu beau espérer, je ne t’ai pas entendu pleurer.
Il y a quatre mois, je t’ai bercé contre mon cœur, mais le tien ne battait plus.
Il y a quatre mois, je t’ai donné ton nounours, celui que ta marraine t’avait acheté. Il t’a accompagné jusqu’au bout.
Il y a quatre mois, ils t’ont emmené loin de moi, dans une pièce aussi froide que mon ventre, désormais.
Il y a quatre mois, ça aurait dû être le plus beau jour de ma vie. Ce fut le pire.

Depuis quatre mois, je m’accroche.
Depuis quatre mois, mon insouciance est partie avec toi.
Depuis quatre mois, tu me manques. Chaque seconde.
Depuis quatre mois, je me demande comment tu aurais été, si tu aurais ressemblé à ce petit garçon, là, dans la poussette.
Depuis quatre mois, ton papa et moi nous sommes déchirés. Dommage collatéral, il paraît. Mais ne t’inquiète pas, depuis, on s’est retrouvés. Plus forts.
Depuis quatre mois, je tiens la promesse que je t’ai faite. J’essaie d’être forte, d’avancer. Parce que je veux que tu sois fier de moi.
Depuis quatre mois, je vis au jour le jour, parce que mon moral est imprévisible.
Depuis quatre mois, je suis devenue mère. Sans enfant.

Rendez-vous sur Hellocoton !

35 commentaires

  1. Bien-sûr tu es la maman de ce petit garçon, et une super maman qui va retrouver le sourire, même si c’est difficile… Je suis heureuse si ton mari et toi vous vous êtes retrouvés. BIZZZ, Sylvie

  2. Depuis ton article, L’ARTICLE si déchirant, à chaque fois je lis tes lignes avec une boule dans le ventre.
    Quand j’ai commencé à lire ce billet, j’appréhendais un peu, mais mot après maux ma boule au ventre s’est envolée.
    Je suis heureuse pour toi, pour vous. Maintenant il sera moins dur de surmonter cette epreuve côte à côte…
    Tu es maman sans aucun doute, et tu le seras de nouveau, c’est tout le bonheur que je te souhaite après un si grand malheur.

  3. Janusz Korczak a écrit un très beau passage dans son livre « Comment aimer un enfant » sur le droit de l’enfant à mourir. Il disait que tous les arbrisseaux ne pouvaient pas devenir des arbres.
    Je sais que ça peut surprendre, surtout quand on souffre…

    J’ai bien fait de toujours espérer que vous alliez vous retrouver toi et ton mari parce que l’expérience m’a montrée qu’on pouvait vraiment avoir mal, se faire du mal et pourtant rester ensemble.

    Voilà une nouvelle qui égaie grandement ma journée. Grandement.
    Je t’embrasse.

  4. Ginie,
    Pas un jour n’a passé depuis quatre mois sans que j’aie pensé à toi, soit seule, soit avec La Mère Joie, mon amie. Ce matin encore nous disions que nous espérions tellement fort en vous. C’est une bien jolie nouvelle qui ne nous fait pas oublier votre ange, là haut, qui veille sur vous deux, c’est sûr. Bises.

  5. Ton fils est sans doute fier d’avoir une maman comme toi !
    Forte & courageuse…
    Je suis contente pour toi que cela se soit arrangé avec ton mari
    Des bisous… la route est encore longue, mais tu avances & c’est magnifique !

  6. Tu sais quoi? Je suis le trouve très chouette, ton billet. Je suis contente que vous vous soyez retrouvés, et j’espère très fort que ça va aller, et que petit à petit tu vas réussir à remonter la pente.
    Et je crois, comme les autres, que là où il est, ton fils veille sur vous.

  7. Putain de merde ..il y a eu une dérivation et qui à fait venir un de tes message , celui plein d’espoir et je t’ai laissé un message sans me douter de cette épreuve ! Ginie ma belle ,suis désolé et mon cœur est tout froissé , bien sûr pas autant que le tien .Je te voudrai forte et pour l’avenir pleine d’autres projets
    Mimi pour toi.

  8. Encore un billet où je ne peux cliquer j’aime mais je le fais parce que.

    Certains mots semblent ne pas appeler de réponses, à moins de se réfugier dans l’humour, ou l’ironie, mais il faudrait pour cela plus de proximité.

    Mais certains mots touchent, et blessent car on ne peut qu’imaginer toute la douleur qui se trouve derrière.

    Alors juste, laisser un commentaire, pour dire qu’on a lu ces mots là, qu’ils ont touché, et qu’on aimerait bien prendre un peu de leur poids.

    Ce que je retiens de ceux-là et c’est bien là l’essentiel, même si c’est un peu hello kity, bisounoursland de le dire, l’amour est plus fort que tout.

  9. Je pense beaucoup à lui ces derniers temps, le contre coup peut être …
    Peut être aussi sa chanson qui devient connue sans raison presque 20 après et que j’entends chaque soir …
    En tout cas, il a sa place dans mon coeur pour toujours.
    Je suis contente que tu ailles mieux, c’est le plus beau cadeau que tu peux nous faire.
    Et quand je viens sur ton blog, je lis tous ces messages de soutien qui m’arrachent des larmes à chaque fois.
    Tu es bien entourée. J’en profite pour remercier tout le monde, vous imaginez pas à quel point ça compte !
    Continue d’avancer comme tu le fais, ton fils a de quoi être fier de sa maman.
    Je t’aime.

  10. J’ai la gorge nouée à te lire, et il faut un sacré courage pour traverser une épreuve comme ça. Ce petit ange veille sur toi désormais, il t’accompagnera sûrement dans tes futurs bonheurs, car malgré la tristesse et le désespoir, il y en aura encore. Une grande accolade pour toi!

  11. De tout mon ? avec toi, je n’ose imaginer cette douleur que j’ai approché il y a 6 mois. Je ne te « connais » pas mais je te sent très forte, tu prends le bon chemin il me semble, courage…

  12. Je parcours depuis quelques heures maintenant ton blog, je me balade d’articles en articles, et je prend beaucoup de plaisir à te lire !! (N’y vois là aucunes allusions sexuelles hein 😉 )

    Et dans beaucoup d’articles je m’y retrouve (comme beaucoup de femmes finalement…)

    Si un jour tu veux t’arrêter quelques minutes et perdre un peu de ton temps à lire, voici mon histoire à moi, écrite il y a 3 ans …

    Pour info, à ce jour, je n’ai jamais pu comblé la sensation du ventre vide, et reconstruire mon coeur déchiré.
    La nature se jouant de moi…

    Je finirai par te remercier pour cette superbe plume et ce brin d’humour si particulier 🙂

    ==> http://a.ma.place.over-blog.com/

  13. Pardon de commenter un vieil article mais je voulais juste te dire merci. De si bien mettre en mots tout ce qui se passe dans la tête de « parents sans enfant ». Du fond du coeur, merci.

Leave a Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *