Travailler plus pour gagner plus

Ca fait une semaine que je n’ai pas eu d’entretien d’embauche.

hein ?

Une semaine que mon écran voit défiler aussi souvent des offres d’emploi que des séries en streaming actualités politiques.
Une semaine que mon intelligence et moi avons le temps de faire des constats.

Premier constat : Le recruteur nous prend pour des cons

Profil du poste : Totalement dévouée à votre directeur, disponible jour et nuit, trilingue, de préférence stérile ou homosexuelle aux cheveux longs, votre passion première est la fabrication d’un café de qualité. Votre travail consistera à répondre immédiatement à la moindre demande, formulée ou non, de votre directeur, tout en vous gardant bien de fermer votre grande gueule. En fin de journée, afin de détendre les équipes, une petite pipe saura être appréciée.

Doctorat en sciences humaines et dix ans d’expérience exigés. Plus de 30 ans et tromblons s’abstenir.

Salaire : 8,71 euros de l’heure

Moi je dis merci le SMIC, parce que s’il n’existait pas, ils seraient capables de nous proposer des bons d’achats Carrefour et estimez-vous heureuse parce qu’à la concurrence c’est Lidl.

la pine
Je prends les francs aussi

Deuxième constat : mon CV a un souci

Parfois j’ai l’impression d’être revenue à mes vingts ans, quand le mec avec qui j’avais passé une super bonne soirée, à qui j’avais donné un aperçu de tous mes talents, ne me rappelait jamais.
Mon CV fait peur aux recruteurs.
Peut-être trop éparpillé, trop polyvalent. Pas très cohérent.
Ou alors j’ai vraiment une tête de tromblon sur la photo.

Quoi qu’il en soit, mon CV doit orner une cinquantaine de bureaux de recruteurs et seulement deux m’ont appelée.
Le premier était un ragondin loucheur.
Le second était content de me dire qu’on était dans la même école, à la même époque. J’étais contente aussi.

J’envisage donc très sérieusement de me recycler.
Avec les ordures ménagères.

Troisième constat : L’entretien ne sert à rien

C’est toujours la même chose.

Entrer d’un pas assuré, se souvenir de la règle des 30. 30 premiers pas, 30 premiers mots, 30 premières secondes. C’est là que le recruteur se fait son idée.
Anecdote personnelle : il y a quelques années, à la fin d’un entretien. Je sors de la salle, je sens le recruteur qui me suit du regard. Le talon de ma botte se prend dans l’arrière de ma jupe longue. Qui glisse. Gros plan sur ma lune. Je me retourne en gloussant. Lui ne rit pas. Ce con. Jamais rappelé. Ne plus acheter de jupes avec un élastique à la taille.
Eviter aussi le « salut mes couilles ». Ils apprécient moyen.

S’assoir, le dos droit, au fond du siège. Parce que si on s’assoit au bord, ça montre qu’on a peur. Ne pas battre la mesure avec son pied, on n’est pas à la Nouvelle Star. Ne pas croiser les jambes si la jupe est en cellulite apparente. Ne pas écarter les jambes si le recruteur est une femme, ça ne sert à rien.

Expliquer son parcours.
Si on a été licencié pour faute grave ou si l’ancien patron était un lombric, préférer parler de l’adoption de Madonna. C’est hors sujet, mais ça passera mieux.
Décrire ses motivations pour le poste.
Là où l’individu lambda dressera banalement un parallèle entre son expérience et la description du job, faire preuve d’originalité. Vous savez enchaîner dix-huit roulades avant avec un stylo dans l’oreille, faites-le savoir. Tout est bon pour se démarquer.

Répondre aux questions.
Bon, c’est toujours les mêmes.
Qualités ? Défauts ?
Eviter de dire la vérité. Parce que le recruteur, il en a pas grand chose à cirer qu’on soit maniaque au point de récurer les chiottes avec le bec d’un vrai canard ou qu’on a parfois envie d’enfoncer un doigt dans l’oeil de sa mère, quand elle nous dit qu’on est débraillé.
En vrai, il veut de la rigueur, de l’autonomie, de la réactivité.

Ne pas négocier le salaire. C’est sale.

Partir en faisant la roue. Ou la rondade.

rondade
Comment on voit trop qu’elle a des faux seins

Conclusion : Faut que je pousse mon mec à mieux gagner sa vie. C’est dingue ça, ce qu’il peut être égoïste.

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8 commentaires

  1. Bon, je vais devoir mettre à jour mon lecteur rss.
    C’est marrant, moi c’est avec mon ancien patron que j’ai rendez-vous… Demain matin… Aux prud’hommes…

  2. Je fais la même conclusion mais mon mec refuse de se dévouer. J’aimais bien quand il bossait et pas moi… En ce moment il gagne plus au chômage que moi 40 heures par semaine dans un boulot de merde….

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